Vivant jusqu’à la mort suivi de Fragments PDF

Acteurs jouant le rôle d’un groupe de zombies durant le tournage d’un film. Il trouve ses origines dans la culture haïtienne et sert également à qualifier les victimes vivant jusqu’à la mort suivi de Fragments PDF sortilèges vaudous permettant de ramener les morts à la vie ou de détruire la conscience d’un individu afin de la rendre corvéable à merci.


Dans cette très belle méditation, un philosophe se débat avec l’espérance de survivre, tout en se trouvant dans l’impossibilité intellectuelle et spirituelle d’acquiescer à toute vision naïve d’un autre monde qui serait le monde en double, ou la copie, de ce monde-ci. Il faut faire le deuil de toute image, de toute représentation.
C’est en 1996 que Paul Ricoeur, âgé de 83 ans, pose la question: « Que puis-je dire de ma mort? » Comment « faire le deuil d’un vouloir-exister après la mort  » ? Cette longue réflexion sur le mourir, sur le moribond et son rapport à la mort, également sur l’après-vie (la résurrection), passe par deux médiations: des textes de survivants des camps (Semprun, Levi) et une confrontation avec un livre du grand exégète Xavier Léon-Dufour sur la résurrection.
La seconde partie du livre est faire de textes écrits en 2004 et 2005, que le philosophe a lui-même appelés « fragments  » (sur le  » temps de 1œuvre  » et le temps de la vie », sur le hasard d’être né chrétien, sur l’imputation d’être un philosophe chrétien, sur la controverse, sur Derrida, sur le Notre Père…). Textes courts, rédigés parfois d’une main tremblante, alors qu’il est déjà très fatigué. Le dernier, de Pâques 2005, a été écrit un mois avant sa mort.

Le mot  zonbi  signifie en créole  esprit  ou  revenant . Il désigne également des dieux esprits de tribus africaines. Le terme renvoie à deux types de créatures fantastiques assez différentes. Dans la culture vaudou, le zombie est un mort réanimé et sous le contrôle total d’un sorcier. Photogramme du film La Nuit des morts-vivants de George A.

Une nuance importante doit cependant être faite entre deux conceptions de ce type de zombie. La première, qui est aussi la plus ancienne, désigne des cadavres de revenants, souvent ressuscités par l’intermédiaire de sciences occultes et manipulés par un sorcier. Par extension, le terme peut également désigner quelqu’un ayant l’air absent, amorphe. Lors des déportations, les esclaves originaires d’Afrique ont amené avec eux leurs croyances. La première mention connue du terme  zombi  dans les Antilles est faite dans l’œuvre de Pierre-Corneille Blessebois, en 1697, Le Grand Zombi du Pérou, ou La comtesse de Cocagne. En 1937 l’écrivaine et folkloriste américaine Zora Neale Hurston s’est rendue en Haïti pour enquêter sur le cas de Felicia Felix-Mentor, décédée et enterrée en 1907 mais dont on racontait qu’elle errait encore trente ans plus tard sous la forme d’un zombie. Puis on lui donne une drogue hypnotique qui rend la victime amnésique et la réduit en esclavage, cet état étant facilité par les lésions cérébrales hypoxiques dues à la consommation de l’oxygène dans le cercueil.

En Haïti, on parle de  recevoir un coup poudre . Cette pratique, courante en Haïti et au Bénin, est interdite, mais elle perdure néanmoins, le vaudou étant une tradition ancestrale dans la culture de ces peuples. Clairvius Narcisse est une victime de la  zombification  qui a pu témoigner. La croyance aux revenants s’est développée parmi les hommes dès que ces derniers ont pris conscience de la mort et ont commencé à concevoir une existence après le trépas. La nuit tombée, le cadavre du défunt lui rend visite dans sa maison, afin de lui reprocher amèrement son acte, et, dans le but de l’impressionner davantage, il lui montre sa poitrine.

Le revenant semble donc en pleine pourriture, il est manifestement davantage matériel que spirituel. Europe, on voit donc déjà apparaître l’image du zombie telle que la développeront les films d’horreur à partir de La Nuit des morts-vivants. Hans Baldung Grien, Le Chevalier, la jeune fille et la Mort : une scène d’horreur proche de celles des films modernes. Aux alentours de 1497, Albrecht Dürer exécuta une gravure intitulée Incabus ou Femme attaquée par la Mort. L’un des plus importants disciples de Dürer, Hans Baldung Grien, s’engagea dans la même veine morbide et il n’hésita pas à surenchérir dans les saynètes macabres.

Dans l’art macabre de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, on pourrait signaler d’autres peintures dans le même style. Le Triomphe de la Mort de Brueghel l’ancien, par exemple, représente l’invasion du monde par une armée de revenants surgis de leurs tombes et conduits par la Camarde elle-même. On a l’impression que l’artiste s’est juste livré à une rêverie sur le destin de la terre si cette dernière devait affronter la brusque réanimation des défunts dormant dans les cimetières. Par là, Brueghel a véritablement annoncé le thème majeur de multiples films de zombies réalisés depuis 1968 : la conquête de la terre par des revenants qui déciment les vivants. Comme il peut être constaté, l’imagination populaire occidentale contient depuis très longtemps des créatures analogues aux zombies des films d’horreur modernes. Ces derniers ont abondamment puisé dans ce fonds folklorique, bien plus que dans les croyances liées au vaudou.

Il convient toutefois de noter que les historiens de l’art n’emploient pas le terme de zombie pour désigner les morts-vivants putréfiés mis en scène par l’art macabre de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Néanmoins, de par leur évidente parenté avec les monstres représentés par George A. Romero et ses successeurs, on peut déjà les considérer comme les ancêtres des zombies des films d’horreur réalisés à partir de la fin des années 1960. C’est lors de l’occupation d’Haïti par les États-Unis de 1915 à 1934 que le personnage du zombie a été introduit dans le patrimoine culturel américain.