Topique, numéro 77, 2001 : Premiers et derniers entretiens PDF

La psychanalyse fait l’objet, depuis l’origine, de critiques et de discussions à la fois internes au mouvement psychanalytique et extérieures topique, numéro 77, 2001 : Premiers et derniers entretiens PDF ce mouvement, concernant son caractère scientifique, la pertinence de sa description du psychisme, et son efficacité thérapeutique. Article détaillé : Histoire de la psychanalyse.


Sigmund Freud, médecin, neurologue et psychanalyste autrichien, il est difficile d’en dater précisément la naissance et différentes dates pourraient être retenues : 1881-1882 avec Josef Breuer et Anna O. L’auteur attribue alors l’invention du procédé à Josef Breuer. Josef Breuer et Freud, arrivent à la conclusion, dans leur ouvrage sur les études sur l’hystérie, que l’hystérique souffre de manière inconsciente de traumatismes passés, vécus dans l’enfance. Freud explore le psychisme à travers la parole du sujet qui doit suivre la règle fondamentale et la logique d’association libre de manière à faire parvenir à la conscience des éléments liés au refoulement. Les premiers débats entre psychanalystes sont vifs et nombreux. Freud lui-même a considérablement évolué sur certains points théoriques qui concernaient la psychanalyse, notamment en 1920, lors de sa conceptualisation de la deuxième topique. Le passage de la première topique à la seconde topique est rendu nécessaire à la suite de l’élaboration de la seconde théorie des pulsions.

En 1914, Freud fait paraître ses travaux sur le narcissisme qui préfigurent les changements qui interviendront dans la deuxième topique. Article détaillé : Critiques de la psychanalyse. Dès les débuts de la psychanalyse, les psychanalystes contemporains de Sigmund Freud, tels Carl Gustav Jung ou Sándor Ferenczi pour la première génération, ou Melanie Klein, pour la deuxième génération proposent des inflexions théorico-cliniques, ou critiquent des positions de Freud . En France, l’essentiel des débats internes à la psychanalyse porte sur l’enrichissement des concepts freudiens, tout en conservant les exigences de rigueur sur les principes essentiels, dans l’exploration de ce champ d’études, et éthiques dans la pratique de la cure, les débats se cristallisant autour des travaux et de la personnalité de Jacques Lacan. Au Royaume-Uni, des controverses scientifiques divisent durablement la société britannique de psychanalyse, entre les partisans d’un renouveau théorique, autour de Melanie Klein, et leurs opposants, réunis autour d’Anna Freud. La psychanalyse n’est pas qu’un ensemble théorique, une métapsychologie qui peut être appliquée à l’étude des œuvres d’art, des philosophies, etc. L’observation de ces tendances contradictoires permet d’émettre l’hypothèse d’un conflit psychique inconscient.

Afin de remplacer l’hypnose, Sigmund Freud utilise un principe qu’il attribue à C. Le rêve n’est donc pas composé d’images hallucinatoires dépourvues de sens, le lapsus n’est pas un simple accident sans cause, pas plus qu’une idée ne traverse l’esprit sans raison. Une idée, avant d’arriver à la conscience, subit une déformation plus ou moins grande mais conserve toujours un rapport avec l’idée d’origine. Sans doute faut-il voir dans l’affirmation de ce principe le souci de Freud de hisser la psychanalyse au rang de science. En effet, le principe du déterminisme, qui est le réquisit de toute science expérimentale, est bien la  foi  du psychanalyste : pas plus dans le monde psychique que dans le monde physique, un phénomène ne peut se produire sans cause. La thèse de Freud sur le rêve est que celui-ci est la réalisation d’un désir.

Le rêve de l’adulte est en ce sens identique au rêve de l’enfant, mais il est déformé par les nombreux interdits qui résultent de l’éducation et de la culture, aussi le rêve peut-il être compris comme l’expression d’un compromis entre un désir et un interdit. Cette interprétation passe donc par le travail d’analyse du rêve. Inversement, un seul élément du contenu latent peut être représenté par plusieurs éléments du contenu manifeste. C’est un travail de  compression  dont Freud dit qu’il est différent d’un simple résumé. Il n’y a pas de correspondance entre l’intensité psychique d’un élément donné du contenu manifeste et celle des éléments du contenu latent auquel il est associé. Freud a donné à quelques-uns des souvenirs d’enfance un nom plus précis, celui de  souvenirs-écrans .

C’est assez dire que ces souvenirs ne sont pas à prendre pour argent comptant, mais que, par contre, ils sont à prendre à la lettre, c’est-à-dire qu’ils sont à déchiffrer tout à fait comme le texte d’un rêve. Parmi ces souvenirs d’enfance analysés par Freud, il est possible de mentionner celui de Goethe, qui est l’occasion pour Freud, à l’aide de son expérience analytique, d’expliquer un épisode où Goethe raconte dans sa biographie, qu’enfant il cassa un jour la vaisselle familiale : il s’agit d’une réaction à la naissance d’un petit frère, vu comme un intrus à l’égard de l’affection maternelle, désormais à partager. Article détaillé : Psychopathologie de la vie quotidienne. Freud en vient, en 1905, à appliquer le principe du déterminisme psychique afin d’expliquer les comportements les plus habituels. Freud analyse les comportements qui relèvent du commun : l’analyse va du pathologique vers le normal. Si le rêve est un processus particulier réservé à une partie du vécu seulement, la psychopathologie de la vie quotidienne montre comment la psychanalyse peut interpréter la vie de tous les jours. Les erreurs de langage, les oublis, les mots d’esprit deviennent des révélateurs de tendances psychiques inconscientes chez tout un chacun.

Avec L’Interprétation des rêves et Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient, Psychopathologie de la vie quotidienne met en évidence la structuration de l’inconscient par le langage. Dans le premier texte, il réussit à décrire comment se forment un symptôme hystérique ou une obsession. Ce qui les départage, c’est la possibilité ou non pour chacun de transformer une souffrance psychique en souffrance corporelle. Quand cette possibilité n’existe pas, ou n’est pas suffisante, cette souffrance reste dans le psychique et se traduit par des obsessions. On ne peut se libérer de ses symptômes, hystériques, au niveau du corps, et de ses obsessions dans le psychisme, que si l’on réussit à retrouver leur sens refoulé par le travail de l’analyse. Ce sens, selon la découverte freudienne, est toujours sexuel, au sens ou il se rapporte à la libido et au complexe d’Œdipe.

Freud, en ce premier temps de l’élaboration de la psychanalyse, a déjà découvert, que dans la psychose, la représentation dite inconciliable qui a été littéralement arrachée hors du conscient, rejetée, ne laisse aucune trace inconsciente, et revient par contre à solliciter le mécanisme du délire. La psychanalyse modélise l’appareil psychique par des  topiques , qui indiquent des  lieux , non pas au sens propre, mais des systèmes structurés qui s’articulent entre eux selon une dynamique. Freud a défini un grand nombre de concepts  métapsychologiques  pour parvenir à décrire cet appareil psychique que nous savons complexe et dont nous n’avons encore que des aperçus partiels. D’après Freud, il existe un inconscient psychique, une pensée et une volonté cachées, et différentes des pensées et volontés conscientes. Quelle est la nature des désirs rejetés hors de la conscience ?

Quelle est la nature du refoulement ? Comment prétendre connaitre ce qui, par définition, veut dire  non connu  ? Freud distingue dans la première topique les pulsions sexuelles des pulsions d’ autoconservation  — comme la faim, par exemple. La pulsion est un mécanisme qui suppose que le psychisme est excité par des stimuli divers, dont la source est corporelle mais dont la représentation est psychique. Dans Les Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud explique que c’est un concept limite se trouvant entre le psychique et le somatique. Sur le plan psychique, une pulsion est représentée par une représentation et par un affect, ce qu’on appelle respectivement le représentant-représentation et le représentant-affect. La pulsion crée une tension constante.