S’il te plaît, parle-moi de l’amour ! : l’éducation affective et sexuelle de l’enfant de 3 à 12 ans PDF

Boris Cyrulnik : stop ou encore ? Depuis plusieurs années, S’il te plaît, parle-moi de l’amour ! : l’éducation affective et sexuelle de l’enfant de 3 à 12 ans PDF Cyrulnik dispose d’une carte blanche dominicale bimensuelle sur une radio du service public, via la pastille radiophonique  Histoire d’Homme  de France Info. Un sujet d’actualité brûlant s’il en est, et une question à laquelle sa réponse est assurément utile pour  expliquer les comportements de société . Récemment, Doreen Kimura, une Canadienne, a dit qu’il y avait de très grandes différences entre le cerveau des hommes et le cerveau des femmes.


Alors elle a provoqué l’explosion de Catherine Vidal, qui est une neurobiologiste parisienne, mais son argument dit :  Doreen Kimura est une scientifique d’extrême droite, donc ses arguments n’ont pas de valeur . Premièrement, lors de cette autre chronique il invoque ce livre d’un  neurobiologiste  mais enchaîne en ne citant que des observations éthologiques et ethnographies qui n’y figurent pas. Deuxièmement, s’il avait bien lu Jean-François Bouvet il n’aurait peut-être pas commis l’erreur d’affirmer que Camille Paglia est  professeure de neurologie à l’université de Philadelphia . Titulaire d’un doctorat en lettres, elle est en réalité professeure en humanités et étude des médias à l’Université des Arts, une faculté sise à Philadelphie. Boris Cyrulnik de remonter aux sources de ce qu’il utilise.

Il ne conviendrait pas pour autant de parler de plagiat, car son texte s’écarte notablement de celui de Jean-François Bouvet, et pas seulement par l’introduction des informations erronées qu’on vient de voir. Endossant le rôle de sage homme exempt du caractère  passionné  de ces quatre femmes aux positions  radicales et violentes , examinant les ressorts de l’  explosion  de Catherine Vidal avec le recul conféré par son objectivité supposée, Boris Cyrulnik met ici une nouvelle fois en scène l’opposition entre cette dernière et Doreen Kimura. En 1994, lorsque Le Nouvel Observateur lui demande si le cerveau d’une fille se développe différemment de celui d’un garçon, il répond par l’affirmative en citant les travaux de Kimura sur les aptitudes verbales et spatiales. En 2005, voici comment il reformule ce que dit Kimura :  Puisqu’il y a une différence de nature, nous explique Doreen Kimura, psychologue canadienne, on ne peut que se soumettre à ses lois. Inutile donc d’orienter les filles vers les disciplines scientifiques, car leur cerveau les prédispose plutôt aux métiers de la parole. Quant au livre de Catherine Vidal, voici tout ce qu’il en dit dans cette même chronique de 2005 :  Catherine Duval et Dorothée Benoit-Browaeys démontrent sans peine  l’idéologisation  de ces données neurologiques.

En mars 2013, ce que Boris Cyrulnik fait maintenant dire à Doreen Kimura  récemment , c’est qu’ il y a  de très grandes différences entre le cerveau des hommes et le cerveau des femmes . Poursuivons notre analyse de cette pastille de mars 2013. Après avoir à peu de frais réglé leurs comptes à Kimura et Vidal, Cyrulnik affirme que  Judith Butler, une Américaine, dit que la biologie n’existe pas et que seul le genre existe . Si la déformation outrancière de la pensée de Judith Butler est habituelle chez les pourfendeurs du concept de genre, Boris Cyrulnik s’illustre en la poussant ici particulièrement loin. Le cas échéant, ce serait d’autant plus ennuyeux qu’il ne s’arrête pas là, puisqu’il affirme ensuite que Butler  reprend ainsi Simone de Beauvoir :  on ne naît pas femme, on le devient , ce qui implique que seuls les hommes restent à l’état de nature et ne deviennent pas hommes .

Maintenant qu’il a balayé les mauvais arguments et les  positions radicales et violentes  de toutes ces femmes trop passionnées pour y voir clair ou pour être honnêtes, Boris Cyrulnik va nous expliquer ce qu’on sait vraiment. Outre le fait que la plasticité cérébrale rend très peu pertinente l’image tendancieuse d’un cerveau semblable à une sculpture dont la forme serait définie in utero, l’influence de la testostérone sur la structuration des connexions neuronales ou la détermination de la morphologie cérébrale des fœtus humains est loin d’être établie. Boris Cyrulnik ne fait ici que resservir un concentré de la ratatouille qu’il avait tirée en 2006 des livres grand public de Michel Odent et Lucy Vincent sur la  neurobiologie de l’amour , et de l’extrapolation outrancière d’observations faites sur des rongeurs reformulées de manière fantaisiste . En bref, ces quatre assertions sont clairement fallacieuses. Précédées de  on sait que , elles sont même purement et simplement mensongères, et insultent l’air de rien la neurobiologiste Catherine Vidal qui se trouve ici implicitement taxée soit d’ignorance des acquis de sa discipline, soit de mauvaise foi. Celles dont il se revendique, celles que les journalistes lui prêtent, ou ni l’un ni l’autre ? Et au service de quelles idées son aura d’autorité médicale et scientifique est-elle mise ?

Je proposerai très bientôt ici des éléments de réponse à ces questions, si les petits cochons ne me mangent pas. 2011, mais selon le catalogue de l’INA elle n’a pas été supprimée durant cette période. Boris Cyrulnik le 30 mars 2013 sur France Info dans Histoire d’Homme :   Jean-François Bouvet est neurobiologiste, et il s’est attaqué à ce problème : est-ce que le choix du jouet, le camion pour les garçons, la poupée pour les filles, est déterminé par la neurobiologie ou par les représentations culturelles ? Des médias tels que Le Point ont présenté Jean-François Bouvet comme étant neurobiologiste, mais il ne se présente pas ainsi lui-même. 65-71, texte issu d’une conférence prononcée en 2005 :  Il existe de nombreuses stratégies pour appréhender la connaissance et selon celles que vous privilégierez, les connaissances seront totalement différentes.

Playboy en octobre 1992 :  Feminism has become a catch-all vegetable drawer where bunches of clingy sob sisters can store their moldy neuroses . Boris Cyrulnik, juin 2005,  Votez neurosocial ! Le cerveau d’une fille se développe-t-il différemment de celui d’un garçon ? En effet, il semble que le développement cérébral soit sexué. Boris CYRULNIK, juin 2005,  Votez neurosocial ! The finding of consistent and, in some cases, quite substantial sex differences suggests that men and women may have different occupational interests and capabilities, independent of societal influences.

Cf CSBBCS, 4 avril 2013,  In memoriam : Dr. Doreen Kimura , en ligne sur www. In the later years of her career, Doreen was a spokesperson for the view that sex differences might exist, and had a right to be studied by researchers, despite the controversy that surrounds differences between the sexes . Doreen Kimura est décédée le 27 février 2013. La notion de performativité du genre renvoie à  la manière dont l’attente d’une essence genrée produit ce que cette même essence pose précisément à l’extérieur d’elle-même.

Les femmes, mais qu’est-ce qu’elles veulent ? Pour le célèbre éthologue, l’identité sexuelle ne peut être déterminée par une cause unique. C’est ensuite un ouvrage moins grand public qu’il donne en référence pour affirmer ceci :  Un plaisir partagé augmente l’ocytocine dont le récepteur le plus sensible se trouve dans l’hippocampe des circuits de la mémoire. Ce qui revient à dire que le fait de désirer quelqu’un provoque une émotion sexuelle en même temps qu’une amélioration de la mémoire : . L’association du bien-être et de la mémoire explique le pouvoir euphorisant de la familiarité. De chair et d’âme, 2006, p. Cf Boris CYRULNIK, 2006, De chair et d’âme, Odile Jacob :  Les mâles sécrètent moins d’ocytocine, mais ils sont en revanche plus sensibles à la vasopressine.