Recherches sur le français parlé, n° 13 PDF

Gustave Le Bon vers les années 1900. Père-Lachaise – Division 89 – Le Bon 02. Polygraphe, intervenant dans des domaines variés, il est l’auteur recherches sur le français parlé, n° 13 PDF nombreux ouvrages dans lesquels il aborde le désordre comportemental et la psychologie des foules.


Le Bon reste une personnalité controversée. Il avait des tendances anticléricales et compte au nombre des anti-colonisateurs. Il se différencie en cela fortement d’Arthur de Gobineau et dénonce à plusieurs reprises dans ses œuvres le  mythe de la race aryenne , mettant en garde contre les visées suprémacistes du national-socialisme dès 1924. Cette œuvre, parue en 1895, reste la plus célèbre aujourd’hui. Les classifications uniquement fondées sur la couleur de la peau ou sur la couleur des cheveux n’ont guère plus de valeur que celles qui consisteraient à classer les chiens d’après la couleur ou la forme des poils, divisant, par exemple, ces derniers en chiens noirs, chiens blancs, chiens rouges, chiens frisés, etc.

Son premier grand succès de librairie en sciences sociales est la publication en 1894 des Lois psychologiques de l’évolution des peuples, ouvrage qui se réfère aux lois de l’évolution darwinienne en les étendant de la physiologie à la psycho-sociologie. Le Bon participe par la suite activement à la vie intellectuelle française. Paul Valéry, Émile Picard, Camille Saint-Saëns, Marie Bonaparte, Aristide Briand, Henri Bergson, etc. Dans un de ses ouvrages qui marquera son temps et les temps à venir : Psychologie des foules, Gustave Le Bon met l’accent sur les causes collectives. Il décrit, grands événements historiques à l’appui, l’action des hommes par le seul fait qu’ils sont en groupe.

Roosevelt, Clemenceau, Poincaré, Churchill, de Gaulle, etc. Je n’eus l’occasion de le rencontrer que deux mois avant la guerre, à un déjeuner qui lui était offert par mon éminent ami, Hanotaux, ancien ministre des Affaires étrangères. Roosevelt avait désigné lui-même les convives qu’il désirait voir à ses côtés. Le Bon, tendant notamment à considérer la suggestion comme le fait élémentaire et irréductible expliquant tous les mystères de la domination. Comme le père de la psychologie des foules, il entend profiter de la crise que l’autorité est réputée traverser pour en saisir l’essence. Dans sa préface, Mathieu Kojascha écarte l’idée que l’ouvrage ait pu faire le lit du fascisme et conclut :  Contribution définitive à la psychologie collective, à la compréhension du phénomène mystérieux qu’est la foule, Psychologie des foules de Gustave Le Bon doit aussi son immense succès au fait que ce personnage étonnant, intrigant, a su exprimer l’inquiétude de ses contemporains, leur perplexité devant certains aspects de la modernité. De fait, Le Bon n’a fait qu’analyser des phénomènes de croyance et de mobilisation collective qui peuvent servir à une rhétorique de conviction démocratique comme à une propagande totalitaire, mettant particulièrement en garde contre les risques de manipulation de l’opinion.

Hadly Cantril ou Herbert Blumer pour décrire les réactions des groupes face aux médias. Dans son ouvrage Psychologie collective et analyse du moi, paru en 1921, Freud s’appuie sur une lecture critique de Psychologie des foules, il y mentionne les travaux de Le Bon notamment sur  les modifications du Moi lorsqu’il est au sein d’un groupe agissant , et écrit  je laisse donc la parole à M. On n’a jamais donné une meilleure définition de l’éducation que celle due à Gustave Le Bon : l’éducation est l’art de faire passer le conscient dans l’inconscient. Les chefs de l’état-major général anglais ont accepté ce principe comme la base fondamentale de l’établissement d’une unité de doctrine et d’action dans l’éducation militaire, dont nous avions si besoin. L’auteur de cette étude montre l’application des principes de Gustave le Bon dans les nouvelles instructions de l’état-major anglais : l’instinct et non la raison fait agir sur le champ de bataille, d’où la nécessité de transformer le rationnel en instinctif par une éducation spéciale.

De l’inconscient surgissent les décisions rapides. L’habileté et l’unité de doctrine doivent, par une éducation appropriée, être rendues instinctives . La première phase d’une révolution est consacrée à combattre les nécessités économiques et sociales qui régissent la vie des peuples. L’expérience prouvant bientôt que ces nécessités dominent les volontés, l’ancienne organisation reparaît sous des noms nouveaux.

Ainsi se terminera nécessairement la révolution russe. Les révolutions ne durent jamais longtemps parce qu’elles se heurtent bientôt au mur des nécessités économiques et sociales qui dominent le monde. Percevant alors l’impuissance des théoriciens, la foule se détourne d’eux. Avant d’arriver à cette dernière phase, bien des ruines sont accumulées.

La Russie en fait aujourd’hui l’expérience. D’après tous les enseignements de l’histoire des révolutions, l’extrémisme en politique a comme terminaison nécessaire soit la destruction de la civilisation, soit l’anarchie et la dictature. Ce n’est pas d’une révolution, mais d’une transformation profonde des idées que résultent les réformes durables. Les blessures d’amour-propre sont celles dont le souvenir s’efface le moins. Le Tiers-État en avait supporté beaucoup.

La soif d’inégalité semble un besoin irréductible de la nature humaine. On sait avec quelle ardeur les Conventionnels échappés à la guillotine sollicitaient de Napoléon des titres nobiliaires. Le rêve égalitaire qui les avaient conduits à tant de massacres n’était donc en réalité qu’un violent désir d’inégalité à leur profit. L’histoire n’a pas encore cité, d’ailleurs, de pays où régnât l’égalité. Gustave Le Bon a prédit que la Première Guerre mondiale serait meurtrière car il s’agirait de guerre de conscrits et non plus de professionnels.