Maniement et usage des armes à feu. Accidents de chasse et de tir, conseils pour les éviter PDF

Ce récit est uniquement le témoignage d’un acteur de la Seconde Guerre Mondiale et comme tout témoignage, il peut être subjectif et s’éloigner de la vérité historique. Mon nom maniement et usage des armes à feu. Accidents de chasse et de tir, conseils pour les éviter PDF est Lucien Colombe, mais souvent on m’appelle plus simplement Luc Colomb. En septembre 1939, à la déclaration de la guerre, j’allais sur mes 13 ans et je fréquentais le Collège Episcopal de Zillisheim, à environ 3 km au sud de Mulhouse, autrement dit le petit séminaire.


Comme j’avais de bons résultats scolaires, mes parents avaient suivi les conseils de mon instituteur et m’avaient inscrit à l’internat du collège. Nous habitions à Ensisheim, à une dizaine de km au nord de Mulhouse, dans un petit logement ouvrier de la cité Sainte Thérèse, car mon père était mineur de potasse. Ma mère, Léonie Bielmann, s’occupait du foyer et de notre éducation, de celle de ma sœur aînée Charlotte et de la mienne. Je me débrouillais bien à l’école et mon esprit curieux était surtout attiré par tout ce qui concernait la technique, plus spécialement le travail du fer. J’étais également un des meilleurs de la classe, sinon le meilleur, en éducation physique, à la course, au lancer de poids et au grimper à la corde. L’arrivée des Allemands, en juin 40, après la défaite de la France, apporta bien des bouleversements dans notre petit monde.

A la rentrée de septembre, le système scolaire allemand fut mis en place, avec cours tous les matins, l’après-midi étant réservé à des activités périscolaires. L’enseignement se fit désormais en allemand et le portrait du Führer remplaça le crucifix dans les salles de classe. Le Collège Episcopal fut dissout et remplacé par un lycée. Mon prénom Lucien devint Luzian, mais pour mes parents et mes copains, je restais Lüssi. Les autorités allemandes instaurèrent, dès août 1940, en Alsace, le mouvement de la Jeunesse Hitlérienne et nos professeurs nous conseillèrent vivement d’y adhérer. Cette organisation proposait de nombreuses activités aux jeunes et c’est tout naturellement que je me portai volontaire, avec l’aval de mes parents.

J’ai toujours été un enfant hyperactif, un peu turbulent et bagarreur. Il me fallait de l’action, des activités physiques pour me défouler et canaliser mon trop plein d’énergie. La lecture, activité calme et reposante, n’a jamais été ma tasse de thé et je préférais de loin les jeux physiques, au contact de la nature. Je pratiquais activement le sport, entre autres des disciplines comme l’athlétisme et l’haltérophilie dont le goût m’avait été donné par Paul Entzinger, qui habitait en face de nous, dans la cité, et qui avait bricolé des haltères avait de gros roulements à billes et des barres de fer. La boxe aussi était un de mes sports favoris, elle allait bien avec mon caractère et mon ambition de toujours reculer les limites et d’être le meilleur. 14 à 18 ans, allait me permettre de progresser dans ces activités et je m’y engageai pleinement. J’y trouvais tout ce qui me convenait : la camaraderie entre jeunes qui ont la même passion, l’action, le grand air et un peu aussi la possibilité de me faire remarquer, de crâner aux yeux des filles et du voisinage.

Nous adhérions naïvement, sans arrière-pensée, à une organisation politique d’endoctrinement, de préparation militaire dont nous ne percevions pas du tout la finalité, ni le caractère insidieux. Mes parents ne faisaient pas de politique et je n’en faisais pas non plus. Je me souciais peu de l’idéologie nazie. Tous mes loisirs étaient désormais occupés par cette organisation et j’y passais tous mes après-midis, ainsi que les dimanches et les vacances scolaires. Nous portions bien sûr un uniforme pour toutes les manifestations et pour ceux qui le désiraient, même au lycée.

C’était un uniforme qui ressemblait un peu à celui des scouts : il se composait d’une chemise brune, d’un pull-over pour l’hiver, d’une culotte courte en toutes saisons, d’un foulard noir maintenu par un rond de cuir, d’un calot pour l’été, d’une casquette pour l’hiver et d’un brassard rouge orné d’une bande blanche et d’une croix gammée noire. J’étais très assidu dans les Jeunesses Hitlériennes et ne pensais qu’à progresser. J’étais  fier de ce grade car nous n’étions que 4 à avoir obtenu cette fourragère au niveau du groupement départemental. Je continuais  à boxer à cette époque, en m’inscrivant à un club de boxe de Mulhouse. Je sais qu’il se trouvait près du canal couvert, am gedeckten Kanal.

Nous appartenions au groupe Südwest dont le siège se trouvait à Karlsruhe. Les cours commencèrent dès le printemps 43 et se pratiquaient sur le terrain du Bollenberg, puis sur celui d’Engen, près de Constance. Alors là, j’étais pleinement dans mon élément. Les moniteurs de vol à voile nous dispensaient au début une douzaine de cours théoriques, puis nous initiaient à la pratique sur des planeurs ultra-légers en bois, assez rudimentaires et qui n’avaient pas de cabine. Comme ce décollage se pratiquait sur une pente, nous arrivions au début à effectuer de petits bonds qui commençaient à s’allonger de plus en plus.