Management paradoxal et paradoxe managerial PDF

Ses armes, c’est ce qu’on appelle les éléments de langage. Des argumentaires distribués aux élus de la majorité pour qu’ils puissent les réciter, le sourcil froncé et l’index tendus vers la caméra, comme s’ils maitrisaient le sujet. Pour vous épargner du temps et la douleur d’écouter Christian Estrosi, mes Taupes, qui font l’envie de Moubarak comme de Management paradoxal et paradoxe managerial PDF, m’ont communiqué ces argumentaires. Je vous les livres tels quels.


Je pense que mes lecteurs magistrats apprécieront à leur juste valeur. Ils émanent directement de l’Élysée et ont été distribués aux parlementaires UMP. Premier argumentaire, sur les dysfonctionnement de la justice. Le 3 février, à l’occasion d’un déplacement à Orléans consacré à la sécurité, le Chef de l’Etat a réaffirmé son intention que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à la remise en liberté de Tony MEILHON, principal suspect du meurtre ignoble de la jeune Laëtitia à Pornic. Le risque zéro n’existe pas, mais tout expliquer par la fatalité, c’est se condamner à l’impuissance  a-t-il ajouté. Il est de son devoir d’exiger que soient précisées les responsabilités des uns et des autres. Il est tout à fait normal que des rapports d’inspection aient été demandés dès lors qu’il est d’ores et déjà avéré que le suivi des obligations de Tony MEILHON n’avait pas été correctement mis en œuvre.

Dans cette affaire comme dans d’autres, le principe de responsabilité de l’autorité judiciaire peut être légitimement posé. Et au final ce sont les victimes et les justiciables qui font les frais de cette réaction, illégitime et disproportionnée. Penser que cet argumentaire émane de l’Élysée est accablant. Le Président de la République est le garant du fonctionnement des Institutions et de l’indépendance de l’autorité judiciaire.

Et là, il se retourne contre l’autorité judiciaire, et via une présentation des faits tronqués. Ce n’est bien sûr pas la phrase citée qui a mis le feu aux poudres. Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle. On retrouve ici la vision du président de la République, exposée dans son discours d’Épinal de juillet 2007. Et bien sûr le couplet démagogique sur les magistrats qui refusent de voir leur responsabilité mise en cause.

L’Élysée rédige ses argumentaire au zinc, maintenant. C’est pas une question de moyens, c’est une question de méthode , popularisée par Coluche sous la forme  Dites-vous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer . Il est daté d’aujourd’hui 8 février. La polémique autour des dysfonctionnements survenus dans l’affaire Laëtitia a servi de prétexte à une  fronde  des magistrats, largement orchestrée par certains syndicats qui se réclament ouvertement de gauche.

A leur initiative, le report d’audiences a déjà été voté par une cinquantaine de juridictions. La Justice n’est pas un budget sacrifié, bien au contraire ! Rien que pour 2011, ce sont 550 emplois nouveaux dont 399 de greffiers. Cet effort est d’autant plus symbolique au regard du mouvement de maîtrise des dépenses publiques engagé par ailleurs. On ne peut pas dire que les gouvernements précédents en avaient fait autant. N’en déplaise aux grévistes et aux polémistes, c’est bien à la modernisation de la Justice française que nous nous sommes attelés depuis 2007. C’est ce que nous avons fait en réformant la carte judiciaire.

Réforme à laquelle aucun gouvernement n’avait eu le courage de s’atteler depuis 1958. TGI à 18 kilomètres de distance ? Le monde évolue, la Justice doit s’adapter. Justice inclut aussi le budget de la Pénitentiaire, et le fait que la 37e place de la France a été mesuré postérieurement à cette augmentation, qui montre bien d’où on vient. Nogent Sur marne, qui a récupéré le ressort de celui de Vincennes, supprimé, n’a pas eu un magistrat ou un greffier supplémentaire. Résultat : impossible d’avoir une date d’audience avant la fin de l’année. Il demeure qu’à Nantes, le ministère a doté 17 postes de Conseiller d’Insertion et de Probation sur les 42 qu’il a instaurés.