Les Limites à la croissance (dans un monde fini) PDF

A bas le les Limites à la croissance (dans un monde fini) PDF durable ! Il n’y a pas le moindre doute que le développement durable est l’un des concepts les plus nuisibles».


En 1972, quatre jeunes scientifiques du MIT rédigent à la demande du Club de Rome un rapport qu’ils intitulent The Limits to Growth. Celui-ci va choquer le monde et devenir un best-seller international. Pour la première fois, leur recherche établit les conséquences dramatiques sur le plan écologique d’une croissance économique et démographique exponentielle dans un monde fini. En 1972, la problématique centrale du livre était « comment éviter le dépassement » ; en 2004, dans l’édition augmentée et enrichie, l’enjeu est désormais : « comment procéder pour que nos activités ralentissent et puissent tenir dans les limites de la planète ».

Victor Hugo, «qui tombe des étoiles». L’accent est alors mis sur la préservation des écosystèmes. Le développement soutenable est comme l’enfer, il est pavé de bonnes intentions. Les exemples de compatibilité entre développement et environnement qui lui donnent créance ne manquent pas. Evidemment, la prise en compte de l’environnement n’est pas nécessairement contraire aux intérêts individuels et collectifs des agents économiques. La concordance des intérêts bien compris peut, en effet, se réaliser en théorie et en pratique. Il se trouve des industriels convaincus de la compatibilité des intérêts de la nature et de l’économie.

Tel est bien, en effet, le pari du développement durable. Un industriel américain exprime la chose de façon beaucoup plus simple : «Nous voulons que survivent à la fois la couche d’ozone et l’industrie américaine». Le développement toxique Il vaut la peine d’y regarder de plus près en revenant aux concepts pour voir si le défi peut encore être relevé. La définition du développement durable telle qu’elle figure dans le rapport Brundtland ne prend en compte que la durabilité. Toutefois, la signification historique et pratique du développement, liée au programme de la modernité, est fondamentalement contraire à la durabilité ainsi conçue. On peut définir le développement comme une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises.

Il s’agit d’exploiter, de mettre en valeur, de tirer profit des ressources naturelles et humaines. Finalement, on peut dire qu’en accolant l’adjectif durable au concept de développement, il est clair qu’il ne s’agit pas vraiment de remettre en question le développement réellement existant, celui qui domine la planète depuis deux siècles, tout au plus songe-t-on à lui adjoindre une composante écologique. Il est plus que douteux que cela suffise à résoudre les problèmes. La croissance zéro ne suffit pas En fait, les caractères durable ou soutenable renvoient non au développement «réellement existant» mais à la reproduction. Désormais, même la reproduction durable n’est plus possible.

Notre surcroissance économique dépasse déjà largement la capacité de charge de la terre. Pour survivre ou durer, il est donc urgent d’organiser la décroissance. Survie sociale et survie biologique paraissent ainsi étroitement liées. Les limites du «capital» nature ne posent pas seulement un problème d’équité intergénérationnelle dans le partage des parts disponibles, mais un problème d’équité entre les membres actuellement vivants de l’humanité.