Les Fantômes de la démagogie PDF

Dans cette perspective, le  marketing politique  s’efforcerait de déterminer les modalités les plus pertinentes et les plus efficaces pour rallier un maximum de partisans à ses idées, et d’influencer le comportement et le vote des citoyens-électeurs. Certains auteurs américains font remonter la trace du marketing politique lors de la campagne de Franklin Roosevelt en 1936. La campagne de Jean Lecanuet pour l’élection présidentielle de les Fantômes de la démagogie PDF, au travers de la première communication télévisuelle, marque les débuts du marketing politique en France.


“ Nous ne savons plus quel sceptique prétendait qu’il aimait mieux rencontrer la nuit sur son chemin un spectre qu’un vivant. En effet, disait-il, un homme qui possède à la fois un corps et une âme est bien plus redoutable qu’un fantôme, qui n’est, après tout, qu’une âme errante dépourvue d’un corps. Ce qui la rend si redoutable n’est que son invisibilité, ses longs gémissements, l’horreur de la nuit et les circonstances de temps et de lieu au sein desquelles elle apparaît. – Nous sommes tout-à-fait de cet avis. Les fantômes n’ont d’autres pouvoirs que ceux nous nous leur prêtons. Les frayeurs qu’ils causent, l’effroi qu’ils inspirent sont leurs armes les plus terribles. Le socialisme est-il un fantôme ? La société, au contraire, doute-t-elle de sa réalité ? Si la société est une réalité, elle a en elle une force double de celle que possède le socialisme. Pourquoi donc s’effraie-t-elle? Pourquoi, au lieu de marcher droit sur lui pour l’interroger, les hommes de notre temps s’arrête-t-ils à deviser entre eux, à se communiquer leurs craintes, comme les compagnons d’Hamlet sur l’esplanade du château d’Elseneur ? Qu’ont-ils à craindre ? et quel mal est pire que la peur, qui, en paralysant les forces d’action, nous livre inévitablement à nos ennemis ? Assez longtemps la société a été livrée à des craintes chimériques; assez longtemps, comme les enfants, elle s’est effrayée des sifflements du vent et des bruits de l’orage. Il est temps qu’elle se rassure, et qu’elle sache qu’elle n’a devant elle que des fantômes. Il faut enfin que toutes les puérilités de l’opinion se dissipent, et que la société vive comme elle a toujours vécu, dans la lumière, dans la réalité, dans la vie…”

Winston Churchill, promettant à son peuple  du sang et des larmes , paraît agir et communiquer à la suite d’une analyse approfondie de la situation. Que penser des empereurs romains lorsqu’ils promettent  du pain et des jeux  ? Leur action et communication — discutables à l’évidence sur le plan éthique — sont-elles moins réalistes ? La fin de la royauté héréditaire met en demeure les régimes qui lui succèdent de prouver leur légitimité. La conquête de l’opinion publique devient désormais un des facteurs-clés de l’action politique.

Et ce, a fortiori pour des régimes démocratiques, où cette légitimité passe par l’élection au suffrage universel et les techniques de représentation parlementaire. D’autres évoquent l’action d’Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud, qu’ils considèrent comme l’un des précurseurs de la propagande politique institutionnelle aux États-Unis. Le marketing politique dit  moderne , a été élaboré et promu par des professionnels de la publicité. L’année 1917 avec la mise en place par le gouvernement américain du Committee on Public Information qui réunit des professionnels de la communication chargés de mettre en place une campagne visant à convaincre l’opinion publique de soutenir l’entrée en guerre des États-Unis.

L’année 1932 est souvent donnée comme marquant sa naissance officielle aux États-Unis, lorsque le président Franklin D. Roosevelt s’adresse aux citoyens américains dans le cadre d’émissions radio appelées  causeries au coin du feu . Il invente le sondage politique en prédisant, à la suite d’une enquête, que sa belle-mère serait élue secrétaire d’État dans l’Iowa. Depuis 1952, date de la campagne présidentielle de Dwight D.

Mais surtout, l’avènement de la télévision confère à l’élection présidentielle – déjà fortement ressentie comme un  duel  entre deux personnalités incarnant deux grands partis – une importance accrue à l’image. Chez les candidats, rien n’est laissé au hasard et tout est réglé sur mesure: l’habillement, la posture, les médias utilisés et surtout la forme et le contenu du discours. Ainsi, en septembre et en octobre 1960, John F. Kennedy et le candidat républicain Richard Nixon débattent ensemble. Les citoyens qui suivent les débats à la radio estiment que R.