Le passant de Vienne : Un certain Adolf PDF

Ayant réussi à échapper le passant de Vienne : Un certain Adolf PDF la justice après la capitulation allemande, et notamment au procès de Nuremberg, il est retrouvé, puis capturé par des agents du Mossad en mai 1960 à Buenos Aires, en Argentine, où il vivait depuis dix ans sous le nom de Ricardo Klement. Adolf Karl Eichmann, et de Maria née Schefferling, décédée en 1914. Durant la Première Guerre mondiale, le père d’Eichmann sert dans l’armée austro-hongroise. Linz et reprend les rênes de l’affaire familiale.


Vienne, 1923. Un obscur agitateur vient d’être incarcéré après un putsch raté à Munich. À l’ambassade de France, on demande à un jeune attaché, Philippe de Gondrange, d’enquêter sur la jeunesse de cet Autrichien sorti de nulle part. Qui est donc cet étudiant recalé aux Beaux-Arts, ce vagabond qui vend des vues de Vienne sur cartes postales à des marchands juifs, bourre ses souliers troués de papier journal et dort sur des bancs de square ? Un trublion de brasserie ? Un démon surgi de la marmite des sorcières ? Ou seulement un passant excité, un petit bourgeois qui rêve de devenir quelqu’un dans le fantastique tourbillon artistique et intellectuel de la Belle Époque viennoise ?
«Il s’agit sans nul doute d’un de ces personnages pittoresques dont l’histoire fourmille, dira un colonel du 2e Bureau. Il y a toutes les chances pour qu’on n’en entende plus jamais parler.»
Cet homme quelconque mettra le feu à l’univers. Il s’appelle Adolf Hitler.

Grand reporter, romancier, mémorialiste, chroniqueur à Service littéraire, Christian Millau a vu enfant, en 1937, un Hitler tout sourire sur son balcon de Berchtesgaden et aussi les détenus de Dachau en tenue de bagnard. Ces images ne l’ont jamais quitté. Le passant de Vienne n’est pas un livre d’histoire. C’est un roman où l’essentiel est vrai. Le reste est imaginé.

Au lycée, il adhère au Jungfrontkämpferverband, la section de jeunesse de l’association des anciens combattants austro-germaniques. Il quitte l’école sans diplôme et commence l’apprentissage de la mécanique qu’il abandonne également. En 1923, il est embauché par la compagnie minière de son père qui a monté sa propre affaire. Il sert alors à mi-temps dans la Allgemeine SS de Salzbourg.

Au cours de son procès à Jérusalem, il déclare :  Le programme du parti n’avait pas d’importance. En 1937, il est envoyé avec son supérieur Herbert Hagen en Palestine, alors sous mandat britannique, pour étudier la possibilité d’une émigration massive des Juifs allemands vers cette contrée. Ils débarquent à Haifa, mais n’obtenant qu’un visa de transit, ils vont jusqu’au Caire où ils rencontrent un membre de la Haganah. Le sujet de la conversation est encore de nos jours mal connu.

Les rencontres qu’ils avaient prévues avec les chefs arabes ne peuvent avoir lieu du fait de l’interdiction de territoire palestinien. Pour cette action, il est promu SS-Obersturmführer. SS pour former le Zentralstelle für jüdische Auswanderung, le  Bureau central pour l’émigration juive , chargé de l’expulsion. Heinrich Müller, chef de la Gestapo, de déporter au-delà de la Vistule quelque 80 000 Juifs du territoire annexé de Haute-Silésie orientale. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Eichmann est promu SS-Hauptsturmführer et s’est fait un nom au bureau de l’émigration juive. Il s’y est fait de nombreux contacts avec les dirigeants du mouvement sioniste avec lesquels il travaille pour accélérer l’émigration juive depuis le Reich.

Rolf Günther et Friedrich Suhr chefs des deux sous-sections  évacuations  et  législation . Führer vient d’ordonner la destruction physique des Juifs. Son travail est remarqué et, en 1944, il est nommé en Hongrie pour organiser la déportation : il envoie 450 000 des 800 000 Juifs hongrois dans les chambres à gaz nazies. Il s’efforce aussi d’éviter d’intégrer les unités combattantes, ayant été nommé un an auparavant Untersturmführer de réserve de la Waffen-SS, grade qu’il cumule avec celui d’Obersturmbannführer-SS. Eichmann fuit l’avancée soviétique et rejoint l’Autriche où il retrouve le chef du RSHA, l’Obergruppenführer Ernst Kaltenbrunner.

Il se cache alors en Allemagne durant plusieurs années, d’abord sous le nom d’Otto Henninger. L’UNWCC, chargé de la poursuite des criminels de guerre et qui l’a sur sa liste, indique cependant à cette date :  On croit qu’il s’est suicidé. Eversen et, sous le pseudonyme d’Otto Henninger, part pour l’Autriche puis en Italie en passant par le col du Brenner. Le 14 juillet 1950, Eichmann débarque à Buenos Aires où il exercera différents métiers manuels. 1956, il écrit des rapports pour mettre au clair sa propre perspective sur la Solution finale : il envisage de rentrer en Allemagne et prépare ainsi sa défense en cas de jugement.

Durant les années 1950, de nombreux juifs s’emploient à retrouver les criminels nazis en fuite, et Eichmann fait partie des premiers sur la liste. Le rabbin Abraham Kalmanowitz tenta ainsi en 1953, avec le responsable du département d’État Adolf A. Mossad et ancien chef du Shin Bet, le 11 mai 1960. Pour l’anecdote, à l’entrée de la base, un barrage militaire les attendait. Afin qu’Eichmann ne dévoile pas aux soldats argentins qu’il venait d’être enlevé, il fut revêtu d’un uniforme d’El Al.