Le nettoyage ethnique PDF

Dans les guerres modernes, c’est un moyen utilisé pour réduire des peuples à néant. Des femmes victimes de violences sexuelles, au Sud-Kivu, RDC, le 6 septembre 2007. Kadhafi aurait émis un message sur une station radio de Bani Walid acquise à sa le nettoyage ethnique PDF, dans lequel il promettait aux habitants «les plus jolies filles» de la ville en guise de récompense, s’ils parvenaient à résister aux assauts des rebelles.


Le nettoyage ethnique peut s analyser comme instrument de création d un Etat-nation. Les règles internationales de garantie des droits fondamentaux y opposent une résistance. L enjeu d évaluer cette pratique est de déterminer l opportunité d élaborer une règle prohibitive spécifique. Les règles les plus à même de prévenir le nettoyage ethnique sont à chercher dans le droit international des droits de l homme, le droit international humanitaire et le droit international des minorités.

L’ex-leader libyen n’est pas le premier à se servir du viol comme d’une arme de guerre ou d’un élément de motivation pour ses troupes. Le viol est d’ailleurs catégorisé comme une «tactique de guerre» depuis 2008 par le Conseil de sécurité des Nations unies. En temps de paix, les violences sexuelles passent pour des actes de pulsion, et non des sévices «stratégiques». Dans les conflits armés, elles ont longtemps été assimilées au «repos du guerrier», un signe de domination plus qu’un outil de destruction. Le viol participe pourtant de la guerre.

Il brise des vies, dissémine les groupes ethniques, anéantit méthodiquement les peuples. C’est un instrument de torture, utilisé contre les hommes aussi bien que les femmes. Certes, il ne s’agit pas d’une réalité nouvelle: les récits de viol de guerre parsèment l’Histoire, de l’Antiquité à la Seconde Guerre mondiale. Mais dans les conflits contemporains, la pratique semble «réactivée». La visibilité des horreurs sexuelles perpétrées pendant les conflits, souvent ethniques, s’accroît, notamment grâce à la justice internationale qui condamne ces sévices. Bosnie: le viol devient un «crime contre l’humanité» Au moins 20. 000 viols de musulmanes en Bosnie entre 1992 et 1995.

Le «viol de masses» est une «découverte» de la guerre en ex-Yougoslavie. Cette guerre marque le début de la judiciarisation du «viol systématique», notamment dans des «camps de viol» tenus par les soldats. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie parle pour la première fois de «torture» et de «crime contre l’Humanité», à l’issue d’un procès contre trois militaires serbes en 2001. Ce que reconnaît le TPIY en les condamnant, c’est que le viol contribue au massacre. L’agression sexuelle terrorise la population, mais elle «mélange» aussi les sangs. C’est une manière de dire à la femme violée «il y a du sang serbe en toi, tes enfants seront serbes», explique Isabelle Lasserre, correspondante de guerre pour Le Figaro pendant le conflit.

Arme de la terreur, le viol a également servi à vider les villages que les Serbes cherchaient à occuper. Isabelle Lasserre raconte avoir recueilli des témoignages d’hommes forcés par les soldats à violer leurs voisines, pistolet sur la tempe: la seule réponse à ce type de torture est la fuite. Les ethnies, dispersées, disparaissent petit à petit. Pendant le génocide au Rwanda, le viol est «la règle générale, son absence, l’exception», selon le rapporteur spécial de l’ONU René Degni-Ségui.