La Revue littéraire, N° 29, Hiver 2006-20 : PDF

Il la Revue littéraire, N° 29, Hiver 2006-20 : PDF’est également intéressé à la peinture et à la photographie. En 1931, il se consacre à la peinture et à la photographie. Il suit d’ailleurs des cours à l’académie de peinture André Lhote.


Il fait son service militaire au 31e régiment de dragons de Lunéville de 1934 à 1935. En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé pour servir dans le 31e régiment de dragons. Après la guerre, il devient viticulteur en Roussillon avec sa propre exploitation et commence la rédaction de plusieurs œuvres. En 1967, il obtient le prix Médicis pour l’un de ses romans les plus connus, Histoire. Claude Simon meurt le 6 juillet 2005, à l’âge de 91 ans.

Ces derniers présentent au lecteur des figures récurrentes comme la mère, perdue à 11 ans, la grand-mère et l’oncle qui ont élevé l’écrivain et les deux tantes qui s’étaient sacrifiées pour permettre au père de faire ses études. Les romans de l’auteur sont traversés par les thèmes de l’érotisme, de la guerre, de l’histoire perçue comme un éternel recommencement et du temps conçu comme un piétinement immobile. Ils évoquent également l’embourbement et l’enlisement, tant physique que psychique. Inspirée d’abord par Marcel Proust et William Faulkner auquel elle emprunte la forme  -ing , retranscrite en français par l’emploi répété des participes présents pour tenter de figer le temps, l’écriture de Claude Simon se caractérise par un travail formel d’importance.

La perception organique de l’histoire vécue s’illustre par la présentation de détails apparemment insignifiants et par le mouvement chaotique de l’imagination qui guide le récit. Cet effet est particulièrement sensible à partir des romans Le Vent et L’Herbe, premiers ouvrages parus aux Éditions de Minuit. Le Palace raconte  sa  Guerre d’Espagne. Suivent de nombreux romans fondés sur son expérience, soit à partir d’un épisode historique, soit à partir d’événements vécus.

L’Acacia a un caractère sensiblement autobiographique. Si le style de Simon peut rappeler celui de Marcel Proust, il s’en éloigne par la simplicité du langage, même si cela ne paraît pas. Simon prend le chemin inverse : il diffracte la mémoire en fragments de souvenirs, en figures floues ou en bribes d’espaces-temps irréconciliables les unes avec les autres, mettant ainsi en scène les ruines d’une pensée torturée et hantée par les marques physiques de l’histoire vécue. Ainsi le romancier renvoie-t-il le processus de création littéraire à une conscience amère du temps sensible et aux motifs de l’aliénation, de l’obsession, du ressassement et de la finitude. En conséquence, ni le narrateur ni l’écrivain ne peuvent être sauvés par l’acte d’écriture. La difficulté principale à laquelle se heurte tout lecteur de Simon réside dans sa syntaxe ample, où des phrases s’écoulent souvent sur des pages entières sans aucune ponctuation, et dans la construction générale de ses œuvres qui débutent comme elles pourraient se clore et ne s’appuient sur aucun schéma narratif prédéfini. Ses livres peuvent être considérés comme une juxtaposition vertigineuse de comparaisons, de phrases et de périphrases, formant une phrase unique.

Claude Simon s’est toujours tenu à l’écart de la vie médiatique et ses prises de position directes ont été rares. Néanmoins, en 1995, une polémique enfle, par éditoriaux interposés, dans le quotidien Le Monde, à la suite d’un différend opposant Simon à l’écrivain japonais Kenzaburō Ōe, également lauréat du Prix Nobel. Vous avez cru devoir, il y a peu, manifester assez grossièrement votre hostilité à mon pays, où vous aviez été invité, en flétrissant les essais nucléaires auxquels celui-ci procède sur un petit îlot du Pacifique à des milliers de kilomètres de chez vous et d’autres pays. De multiples voix d’experts ont cependant affirmé que ces essais sont d’une parfaite innocuité sur l’environnement, tant terrestre que maritime ou humain. Hiroshima ainsi que des pitoyables victimes souffrant encore, des années après cette catastrophe, de brûlures et d’affections cancéreuses découlant de la radio-activité.

Au lieu de critiquer à mon tour une réaction excessive à mettre sur le compte d’un esprit bercé de la Gloire de la Grande France, je me contenterai de dire avec une réelle tristesse que c’est là une interprétation contraire à la réalité et due à l’éloignement de nos deux pays . 2013 : Claude Simon, Œuvres, Tome II, vol. La promotion 2007-2010 du Lycée François Arago de Perpignan dont il est issu porte son nom. Son roman La Route des Flandres était au programme de l’École normale supérieure pour la session 2010-2011.