La géographie – 3e éd. – Objets, méthodes, débats PDF

Sauter la géographie – 3e éd. – Objets, méthodes, débats PDF la navigation Sauter à la recherche La géographie sociale est une branche de la géographie qui étudie les rapports entre les espaces et les sociétés. L’objectif est d’appréhender l’organisation des sociétés et d’apporter une prise de conscience aux problèmes sociaux. La géographie culturelle : un courant américain ?


On n’a jamais autant parlé de géographie. Mais, si elle a beaucoup à dire sur la mondialisation, l’aménagement des territoires, les changements climatiques, l’emprise du cyberespace, l’explosion de la mobilité ou les tensions internationales, elle reste cependant une science méconnue.
Cet ouvrage vient combler ce manque. En montrant la richesse des approches géographiques et le dynamisme de leurs tendances les plus actuelles, cette nouvelle édition entièrement remaniée et enrichie présente l’ensemble des méthodes, bouleversées par les évolutions de la cartographie (géomatique, SIG, télédétection), l’essor de l’informatique (e-géographie, webmapping, globes virtuels) et la prise en compte nouvelle des représentations et comportements spatiaux.
Elle s’interroge sur les objectifs de la géographie et son utilité dans la société, étudiant en profondeur la manière dont elle est enseignée et ses rapports avec la politique, l’écologie, l’économie ou la culture.
Un manuel à l’attention de tous les étudiants en géographie, des enseignants qui s’interrogent sur les métamorphoses de leur discipline, et de tous ceux qui, dans leur vie professionnelle, ou leur vie tout court, ont rapport avec les dimensions spatiales et territoriales.

On considère aujourd’hui l’épistémologie comme  une étude critique des sciences . Cette réflexion épistémologique a tardé à venir en géographie et est la réponse à une crise disciplinaire. 1960, les géographes font le constat que la nouvelle géographie ne résout pas les problèmes de la société. Les géographes veulent alors fonder une géographie capable de penser les problèmes de la société et de construire des outils pour les résoudre.

Ces géographies sont à la fois sociales et critiques. La géographie sociale considère que la société est productrice d’espace. On assiste ensuite, au début des années 1980, à un renouveau de la géographie sociale. Ils définissent l’inégalité sociale comme une inégalité spatiale. L’objectif de la géographie sociale est de fonder une géographie de l’action, ouverte sur la société et sur les grandes questions sociales qui impliquent l’espace géographique. Plusieurs géographes ont avancé l’idée d’une inutilité d’une géographie sociale se distinguant de la géographie tout court. Michel Lussault qui considèrent que le spatial rend déjà très bien compte du social, qu’il n’y a pas de spatial sans social.

La géographie sociale est une notion plus récente. Elle apparaît en 1982 pour la première fois avec la tenue à Lyon d’un colloque dont les actes ont été publiés sous la direction de D. La géographie culturelle est marquée par le nom de Paul Claval. Elle est officiellement fondé en 1992 avec la parution de la revue Géographie et Cultures. La géographie sociale est marquée par des géographes de gauche et marxistes comme Pierre Georges ou Robert Hérin. L’espace est la traduction des rapports de production d’une société. La géographie doit avoir un regard critique et responsable vis-à-vis des inégalités sociales et elle doit traiter les différences et les disparités.

La géographie culturelle considère l’espace comme une traduction liée aux faits des systèmes de valeur, des idéologies et des langages symboliques. En tenant compte de l’évolution des approches de l’espace vécu, cette idée cherche à donner à la géographie sociale un nouveau fondement. Guy Di Méo aussi prend acte du renversement de l’ordre des facteurs. Cependant, il ancre sa pensée dans la dialectique de l’espace réel et des sujets sociaux. Cette appréhension novatrice procède de deux orientations complémentaires. La première est verticale, elle est un  décodage des rapports que les hommes socialisés nouent avec l’espace terrestre . Le rapport société-espace est un nœud fondamental dans le travail épistémologique de la géographie sociale.

Ce nœud relève de la double contrainte qui caractérise la géographie depuis sa naissance, notamment dans sa revendication d’être incluse dans les sciences sociales. Fabrice Ripoll et Vincent Veschambre parlent de cette contradiction en termes de  hantise  des géographes de perdre leur identité. Notion qui permettrait, selon l’auteur, de dépasser la contradiction implicite à discipline géographique et  d’éviter le piège de la réification de l’espace. L’emploi de cette notion a comporté un travail théorique important, entamé en France lors de la première conférence de géographie sociale qui a eu lieu à Lyon en 1982.

La méthode en science humaine et sociale est une des composantes de la méthodologie, avec les techniques et les outils. Elle est à la base de la démarche scientifique. Elle est aussi une manière d’aborder un sujet. Elle désigne alors une posture prise vis-à-vis de l’objet étudié et détermine une certaine manière d’organiser et d’aborder la recherche.

Le premier terme désigne des étapes précises de la recherche, des principes concrets et pratiques, le second subsume ces opérations par une démarche raisonnée. Il existe deux grands types de raisonnements utilisés par le chercheur. L’induction qui s’interroge sur des faits observables en émettant des hypothèses et la déduction qui part d’une hypothèse qu’elle confronte à la réalité. Toutes deux permettent d’énoncer des règles générales. La géographie sociale a pour spécificité d’avoir plusieurs approches. Ce n’est plus l’espace qui est premier mais la société.

Elle vise donc à produire une explication des phénomènes géographiques à caractère social. Un des pionniers de la discipline est Élisée Reclus. Ce sont ses premiers questionnements qui vont structurer le champ de la géographie sociale et permettre une ouverture pluridisciplinaire. Cette thématique sociale s’interroge sur les différentes périodes de vie d’un individu ou groupe générationnel et de ses rapports entretenus à l’espace. La démographie est la première à s’intéresser aux grandes étapes de l’existence à travers des études statistiques. Les relations entre cette discipline et la géographie sont précoces.

Elles se tissent notamment autour de la géographie de la population et de l’outil cartographique qui ont recours aux indicateurs démographiques. Avec l’essor économique des années 1960, l’organisation sociale va être bouleversée. On observe un accroissement de la population qui se traduit par une forte augmentation des naissances, mais aussi une baisse du taux de mortalité et donc un nombre de plus en plus important de vieux. C’est d’abord à l’échelle nationale que ces phénomènes sont constatés. L’enfance et la jeunesse sont aussi des enjeux pour la géographie. Elle s’intéresse tout particulièrement au rôle de l’espace public dans la sociabilité de l’enfant, mais aussi aux perceptions spatiales des jeunes, aux politiques publiques mises en œuvre pour les intégrer ou les exclure.

Cette branche de la discipline est en lien avec l’anthropologie, la sociologie mais aussi l’aménagement du territoire. L’objet d’étude porte sur le handicap, sa répartition, son accessibilité et toute autre problématique liée à l’espace. Il faut savoir que la définition du handicap varie d’un État à un autre, évoluant avec le temps. Le questionnement apparaît dans les années 1970 durant l’émergence de la Nouvelle Géographie. Les premières études s’inscrivent dans cette logique. La première met en avant l’aspect matériel de l’espace à travers la géographie de l’aménagement.