La Clepsydre : Essai sur la pluralité des temps dans le judaïsme PDF

Ces temps fixés rythment la vie du juif pratiquant et marquent de leur empreinte la culture juive, même profane, notamment dans ses expressions et dans sa tradition culinaire. Ils ont pour la plupart été la Clepsydre : Essai sur la pluralité des temps dans le judaïsme PDF en célébrations ou commémorations officielles de l’État d’Israël, outre les jours récemment instaurés. La veille du premier jour de cette fête doit être marquée par l’offrande pascale,  pâque à YHWH .


L’idée que l’Occident se fait du « temps » est le fruit de siècles d’histoire, de croyances et d’espérances. Pendant longtemps, nul n’a semblé s’intéresser au calcul savant de la durée écoulée depuis l’origine de l’humanité. Or, l’émergence de la mesure du temps passé est aussi celle de l’Histoire.
Dans cette brillante étude, Sylvie Anne Goldberg s’attache à la fois à éclaircir le contenu de la notion contemporaine du temps et à en identifier la généalogie. Les « contes » du temps traduisent la manière dont l’Occident chrétien a pensé le temps au regard d’une analyse de la construction d’une conception « juive », et les « décomptes » du temps exposent comment le passé fait sens dans l’entrelacs du temps compté et de l’histoire racontée. La construction du temps, mêlant foi, connaissance et pouvoir, n’est pas un phénomène uniforme. La coexistence d’une multiplicité de registres de la temporalité permet, au gré des nécessités historiques et évolutions, de situer le temps et l’histoire dans ce que chaque époque a de plus singulier, tout en l’inscrivant dans une continuité. Ce livre suit l’évolution, à partir de la Bible et de l’Antiquité, de la flèche et de l’axe du temps ; la découverte de l’ère, entre croyances, computations et calendriers, attente du Messie et conflits de pouvoir. Il analyse, sous l’angle de la formation d’une temporalité qui se veut proprement juive, les différents qui permettent un jeu entre le temps des nations et le temps des Juifs, les différents éléments qui permettent un jeu entre le temps des nations et le temps des Juifs, établissant ainsi un double registre de temporalité, qui traversera les époques et les continents. La grande nouveauté de cette étude est donc de récuser l’idée d’un « temps judéo-chrétien » unitaire, puis celle d’unicité naturelle du temps, pour interroger la notion de temps à partir d’une enquête sur la « temporalité juive », plus précisément sur sa genèse – Foucault aurait dit sa généalogie.

Maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Sylvie Anne Goldberg a déjà publié de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire du judaïsme et assuré la direction de l’édition française de Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, 1993.

Ces solennités doivent être marquées par une cessation d’activité plus ou moins totale et l’apport d’offrandes particulières. Le chabbat est considéré le moëd par excellence et le paradigme des autres moadim. Les Sages fixent de surcroît les dates des fêtes qui ne l’ont pas explicitement été dans la Bible, instituent certains jours, en abandonnent d’autres et déterminent les rites de tous. Les académies talmudiques de Babylonie réagissent énergiquement par une abondante littérature visant à consacrer leurs ordonnances en norme. Le calendrier qu’ils adoptent pour déterminer le cycle de l’année juive et de ses temps fixés est en vigueur jusqu’à nos jours. D’autres mesures, dont la prescription de manger chaud à chabbat et lors des fêtes contribuent, conjointement aux influences locales, à façonner durablement la culture juive. Par ailleurs, la Kabbale, tradition des savoirs ésotériques des Sages, se diffuse irrésistiblement, malgré le secret qui entoure sa transmission.

Les temps fixés ont lieu à date fixe dans le calendrier hébreu fixé par Hillel II. Cependant, ce calendrier luni-solaire de 354 jours suivant un cycle métonique ne correspond pas au calendrier grégorien et les dates des moadim varient donc dans celui-ci. Temples par un chômage plus ou moins étendu et des offrandes supplémentaires variant en fonction des occasions. Par ailleurs, certaines communautés observent des coutumes propres, influencées par leur habitat d’origine. Le chabbat, septième jour de la semaine est un jour chômé car c’est Dieu même qui s’est interrompu dans son œuvre créatrice lors de la semaine de la création. Toute activité créatrice est interdite dès le commencement du chabbat jusqu’à la sortie des étoiles le jour suivant et toute enfreinte volontaire est théoriquement passible de retranchement spirituel ou de mise à mort.

Les trois fêtes de pèlerinage, Pessa’h, Chavouot et Souccot, commémorent à la fois l’Exode hors d’Égypte et le cycle agricole. Les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour sont une période d’introspection et de réconciliation avec autrui. Dieu non mentionnés dans la Bible. Hanoucca, fête de louange et de reconnaissance, célèbre le miracle de la fiole d’huile, selon lequel une petite flasque suffit à alimenter le candélabre du Temple pendant huit jours alors que la quantité suffisait pour un jour à peine. Israël en consommant des fruits secs qui en proviennent. La fête de Pourim, bien que fêtant les évènements relatés dans le Livre d’Esther, dernier Livre de la Bible hébraïque, a été instituée par des Sages et est donc considérée comme une fête rabbinique. Aux prescriptions d’Esther et Mardochée de faire de grands festins, s’échanger des cadeaux et venir en aide aux indigents, les rabbins ont ajouté la lecture du Livre d’Esther lui-même.

Rabbi Shimon bar Yohaï, haute figure de la Kabbale. Article détaillé : Jeûne dans le judaïsme. Le 9 av, commémorant la destruction des deux Temples, est marqué par les mêmes privations qu’à Yom Kippour mais il est consacré au deuil et non à l’expiation. Outre le judaïsme rabbinique, divers courants fondés sur la Bible ou au moins ses six premiers Livres, en tirent des interprétations différentes. Par conséquent, leurs célébrations ne correspondent généralement pas dans le calendrier grégorien. Jour de l’offrande de l’omer sur la nouvelle récolte d’orge.

La Haskala, mouvement d’émancipation des Juifs dans l’esprit des Lumières, bouleverse considérablement les données des fêtes et leur esprit. Les partisans de la réforme sont pour la plupart établis en Allemagne puis aux États-Unis. Jimmy Carter, Ronald Reagan, George Bush Sr. Le sionisme des premiers temps, incarné dans les kibboutzim, installations agricoles collectives, et imprégné des idéaux de retour à la terre et de régénération des Juifs, entend revenir aux fêtes champêtres décrites dans les Livres des Juges et des Rois, avant l’établissement du Temple.

Aux côtés des publics farouchement laïcs et orthodoxes émerge le sionisme religieux, idéologie mitoyenne reprenant les idées sionistes compatibles avec le judaïsme traditionnel. Quelques Églises protestantes, dont la plus connue est celle des adventistes du septième jour, sont cependant revenues à une célébration du sabbat le samedi. Jésus, les prémices de la récolte les premiers chrétiens, etc. Hauptman,  How old is the Haggadah ? Every Person’s Guide to Shavuot, Jason Aronson Inc. Henry Malter, Saadia Gaon, his life and works, Philadelphia: The Jewish Publication Society of America.

Yaari, Histoire de la fête de Sim’hat Torah, éd. Permettait de distinguer les Beta Esraël des chrétiens d’Abyssinie. Why do we even celebrate Jewish holidays ? Mishpacha Magazine, Zealots and Zionism, Moishe Guttman. US Mormons mark Passover holiday with Seder , sur JPost.

Zion’s Hope: Prophecy with Precision, The Feast of Tabernacles , sur JPost. Some 8,000 Christian pilgrims to arrive in Israel for Feast of Tabernacles , sur JPost. Rubrique  Fêtes  d’un site francophone de responsa online , sur Cheela. Calcul des dates des fêtes juives dans le calendrier grégorien , sur calj. Essai sur la pluralité des temps dans le judaïsme, Paris, Albin Michel, 2000. Sylvie Anne Goldberg, La Clepsydre 2.