L’exil auvergnat de Marguerite de Valois : La Reine Margot PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Paris, BnF, département l’exil auvergnat de Marguerite de Valois : La Reine Margot PDF estampes, vers 1574. Sur demande de ce dernier et avec l’accord du Pape, elle se démarie en 1599.


Son mariage, qui devait célébrer la réconciliation des catholiques et des protestants en 1572, fut terni par le massacre de la Saint-Barthélemy et la reprise des troubles religieux qui suivirent. Malcontents, elle prit parti pour François d’Alençon, son frère cadet. En tant qu’épouse du roi de Navarre, elle joua également un rôle pacificateur dans les relations orageuses entre son mari et la monarchie. Ballottée entre les deux cours, elle s’efforça de mener une vie conjugale heureuse mais la stérilité de son couple et les tensions politiques propres aux guerres de religion eurent raison de son mariage. Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari léger et opportuniste, elle choisit en 1585 la voie de l’opposition. Femme de lettres reconnue, esprit éclairé, mécène extrêmement généreuse, elle joua un rôle considérable dans la vie culturelle de la cour, en particulier après son retour d’exil en 1605.

Elle fut un vecteur de la pensée néoplatonicienne qui prône notamment la suprématie de l’amour platonique sur l’amour physique. Reine Margot , d’après le surnom popularisé par Alexandre Dumas dans son roman du même nom. Née au château de Saint-Germain-en-Laye, elle est le septième enfant de Henri II et de Catherine de Médicis. Elle a peu l’occasion de connaître son père, mortellement blessé lors d’un tournoi en 1559.

Avec sa mère, elle entretient des rapports distants, éprouvant pour elle un mélange d’admiration et de crainte. François II en 1560, elle vit à la cour de France au côté de ses deux frères aînés, ainsi que du jeune Henri de Navarre. Ravie de cette mission, elle s’en acquitte consciencieusement mais, à son retour, il ne lui en témoigne aucune gratitude. Entre-temps, une idylle est née entre la princesse et Henri de Lorraine, duc de Guise, l’ambitieux chef de file des catholiques intransigeants. Marguerite et son frère Henri, ainsi que du refroidissement, non moins durable, des relations avec sa mère. Le duc de Guise est le premier d’une longue série d’amants prêtés à Marguerite. Portrait attribué à François Clouet, Paris, BnF, département des estampes.

1560, Catherine de Médicis propose sa fille en mariage au fils de Philippe II d’Espagne, l’infant Charles, mais le mariage ne se fait pas. Resurgit donc l’idée, déjà évoquée par Henri II, d’une union avec le jeune chef du parti protestant, le jeune roi Henri de Navarre. Héritier présomptif de la couronne de France après les fils de France — mais la perspective d’une accession au trône de France est alors très lointaine —, Henri est aussi l’héritier de vastes possessions dans le Sud-Ouest. Miniature du livre d’heures de Catherine de Médicis. Des négociations s’engagent entre Catherine de Médicis et la mère d’Henri, la très huguenote reine de Navarre Jeanne d’Albret. Les discussions sont longues et difficiles. Jeanne d’Albret se méfie de la reine mère, et exige au préalable la conversion de Marguerite au protestantisme.

L’entente entre catholiques et réformés dure peu. Quelques jours seulement après les noces a lieu l’attentat manqué contre l’amiral de Coligny, l’un des chefs du parti huguenot qui s’efforce d’entraîner la France dans une guerre contre l’Espagne. Pour moy, l’on ne me disa rien de tout cecy . Guise craignans qu’on n’en voulust faire justice, et se suchetans tous à l’oreille. Les huguenots me tenoient suspecte parce que j’estois catholique, et les catholiques parce que j’avois espousé le roy de Navarre, qui estoit huguenot. Mon Dieu, ma sœur, n’y allez pas.

La Roine ma mere s’en apperceut, et appellant ma sœur se courrouça fort à elle et luy deffendit de me rien dire. Ma sœur luy dit qu’il n’y avoit point d’apparence de m’envoyer sacrifier comme cela, et que sans doute s’ils descouvroient quelque chose, ils se vengeroient sur moy. Je voyois bien qu’ils se contestoient et n’entendois pas leurs parolles. Elle me commanda encore rudement que je m’en allasse coucher. Soudain que je fus en mon cabinet, je me meits à prier Dieu qu’il luy plust me prendre en sa protection, et qu’il me gardast, sans sçavoir de quoy ny de qui. Une heure aprez, comme j’estois le plus endormie, voicy un homme frappant des pieds et des mains à la port et criant :  Navarre !

Ma nourrice pensant que ce fust le Roy mon mary, court vistement à la porte. Ce fust un gentil-homme nommé monsieur de Leran, qui avoit un coup d’espée dans le coude et un coup de hallebarde dans le bras, et estoit encores poursuivy de quatre archers, qui entrerent tous aprez luy en ma chambre. Luy se voulant garantir se jetta dessus mon lit. Réagissant aux écrits de Brantôme, Marguerite écrit des Mémoires. L’épisode où un gentilhomme protestant vient trouver refuge dans la chambre de Marguerite a été repris par Alexandre Dumas dans son roman La Reine Margot. Mais le protagoniste en est La Môle et non Leran.

Henri, favorable à une politique de fermeté contre les protestants, a été élu roi de Pologne. Malcontents, alliés aux protestants, mettent en œuvre plusieurs complots, le plus célèbre étant la conjuration des Malcontents, pour s’emparer du pouvoir. Huile sur toile, château de Pau. Henri continue à remplir assidument son devoir conjugal. Mais il a de nombreuses maîtresses et trompe ouvertement Marguerite avec la belle Charlotte de Sauve.