L’économie de l’Afrique du Nord PDF

Pirates à bord du navire de pêche chinois Tianyu no 8 le 17 novembre 2008, l’équipage étant gardé en otage à l’avant du bateau. La piraterie autour de la Corne de l’Afrique, essentiellement composée de pirates somaliens, a pris la forme d’attaques de navires, de pillages et d’enlèvements en mer à partir de 2005 . En réponse à la fréquence de ces actes, des bâtiments militaires de l’OTAN, l’économie de l’Afrique du Nord PDF, indiens, chinois et sud-coréens ont été mobilisés. Ils sillonnent la zone et escortent certains navires tandis que des gardes armés sont embarqués sur des navires civils, réduisant notablement les actes de pirateries à partir de 2014.


Zone d’opération des pirates somaliens entre 2005 et 2010. La Corne de l’Afrique correspond à l’extrémité est du continent africain. Dhow suspecté de piraterie qui va être arraisonné par l’US Navy en janvier 2006. Les difficultés de l’État somalien, son état chaotique et le manque de pouvoir d’un gouvernement central sont les facteurs ayant favorisé l’augmentation de la piraterie autour de la Somalie et près des côtes du Yémen, pays lui-même avec un État faible et ne disposant que de peu de moyens pour contrôler le golfe d’Aden. Selon le BMI, en 2008, 113 bateaux ont été attaqués par des pirates au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden. Ils ont, selon le ministre kényan des Affaires étrangères, obtenu environ 150 millions de dollars de rançons en 2008. Pour les 9 premiers mois de 2009, on note 32 captures sur 169 incidents.

En fin d’année 2009, selon le Bureau maritime international, on compte 217 navires attaqués et 47 capturés, avec 867 membres d’équipage. Un rapport de l’ONU publié indique que les pirates somaliens ont accru leur activité au large de leurs côtes en 2010, parvenant à s’emparer de 37 navires pendant les neuf premiers mois de l’année, contre 33 pendant la même période de 2009. Selon le BMI, un total de 53 navires embarquant 1 181 membres d’équipage ont été capturés en 2010 essentiellement en Somalie. Cette année-là, les pirates ont obtenu 238 millions de dollars de rançon, alors que le coût total de la piraterie se situait en 2010 entre 7 et 12 milliards de dollars. Au 29 mai 2011, l’ONG Ecoterra dénombre 664 marins et 43 navires sont toujours aux mains des pirates somaliens. Le 20 décembre 2011, Eunavfor estime que 199 hommes et une femme sont otages des pirates somaliens, et 2 317 marins de la marine marchande ont été pris en otage depuis décembre 2008. Au moins 60 marins marchands ont péri à la suite de leur captivité aux mains des pirates et de nombreux autres ont souffert de cas de tortures et d’abus physiques.

Cette activité a rapporté 110 millions de dollars de rançon aux pirates en 2010 et 170 millions de dollars en 2011. Le bilan des diverses forces anti-pirates déployées au large de la Somalie d’avril 2008 à octobre 2010 fait état 1 248 arrestations, 506 personnes passées en justice, 254 condamnés. Les mesures de sécurité prises en mer et l’évolution de la situation en Somalie ont fait reculer la piraterie après le pic de 2011. 75 attaques sont recensées en 2012 et 15 en 2013 dont deux ont été des détournements de navires qui ont été réglés dans la journée après des interventions. La piraterie maritime en Somalie fait intervenir une pluralité de facteurs explicatifs reposant chacun sur un modèle d’interprétation théorique.

Une première lecture politique avance la thèse que la piraterie somalienne s’appuie sur l’absence d’État, celui-ci ne pouvant lutter contre la criminalité s’exerçant sur son territoire. Une deuxième lecture économique considère de son côté que la piraterie en Somalie aurait pour origine la surpêche étrangère de laquelle découlerait la pauvreté des populations locales. Une troisième lecture géographique montre que la piraterie somalienne existe car elle bénéficie d’une route commerciale maritime facilement accessible. Une quatrième lecture culturelle défend la thèse selon laquelle la piraterie somalienne serait une pratique déterminée par la tradition du pays. Une cinquième lecture stratégique et militaire tend vers des actions menées par des paramilitaires pour rechercher les ressources nécessaires à renforcer les moyens de guerre et de pouvoir dans cette zone. Roquette non explosée encastrée dans la coque du paquebot Seabourn Spirit attaqué le 5 novembre 2005. Ce navire a pu échapper à ses agresseurs grâce à l’utilisation de canons à son.

Ils utilisent de petites embarcations rapides pour se lancer à l’abordage de leur cibles, lancées, lors d’attaques en haute mer depuis un navire-base. Jusqu’en 2007, les bases de départ de la piraterie somalienne se concentraient essentiellement dans la région côtière de Mogadiscio. Un rapport des Nations unies indique même que des responsables du port de Mogadiscio auraient transmis à des pirates des informations visant à faciliter des abordages de navires. Mais il semble que les combats continus dans cette région nuisent à leur activité. Leur zone d’activité est en 2009 de plus en plus étendue, les pirates frappant jusqu’à 1 000 kilomètres des côtes de la Tanzanie et dans la Zone économique exclusive des Seychelles.

2012 par rapport à la même période de 2011, passant de 163 incidents à 69. En 2009, l’année la plus fructueuse pour les pirates somaliens, un navire attaqué sur 3 était capturé et son équipage retenu en otage. L’activité criminelle rajoutée à la guerre civile en Somalie déstabilise la région. Cela entraine une intervention militaire du Kenya en Somalie en octobre 2011.