L’École de Francfort PDF

Max Horkheimer, Théorie traditionnelle l’École de Francfort PDF théorie critique, trad. Claude Maillard et Sybille Muller, Gallimard, 1974. Marie-Christine Granjon, Penser avec Michel Foucault : théorie critique et pratiques politiques, Karthala, 2005.


Au carrefour de la philosophie et de la sociologie, de la théorie de la culture, de l’esthétique et de la philosophie de l’histoire, l’École de Francfort est un élément majeur de la pensée contemporaine. Ce bilan de ses activités aide à penser la condition du « sujet » au seuil du nouveau siècle.

Jan Spurk, Critique de la raison sociale : l’École de Francfort et sa théorie de la société, Presses Université Laval, 2001. Jean Marie Vincent, La théorie critique de l’école de Francfort, Éditions Galilée, 1976. Axel Honneth, La société du mépris. Fred Poché, Le temps des oubliés, Lyon, Chronique Sociale, 2014. Françoise Bouillot, préface de Marc Abèlès, Paris, Payot, 2005. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 8 février 2019 à 06:01.

Jürgen Habermas en arrière-plan, à droite, en 1965 à Heidelberg. Institut à partir de 1930, son collègue Theodor W. L’arrivée d’Hitler au pouvoir contraint l’Institut à fermer ses portes, et ses membres, dispersés, à l’exil. L’appellation  École de Francfort  apparaît au cours des années 1950. Comme toute étiquette, et à l’instar, par exemple, du structuralisme, elle pose question : à la suite de l’exil induit par le nazisme, certaines de ses figures principales se sont installées hors de l’espace géographique allemand. D’autre part, elle prétend s’appliquer rétroactivement à la fondation même de l’Institut de recherche sociale.

Or, ce corpus théorique antérieur à la guerre a beaucoup contribué à définir l’identité de l’école de Francfort. Ses grandes lignes auraient été fixées par Horkheimer au début des années 1930. Le principe d’une théorie critique, élaborée par contraste à une théorie traditionnelle. Inspirées de la dialectique marxiste, les analyses développées doivent être capables d’un retour réflexif sur elles-mêmes. Le rejet d’un dogme au profit d’une constellation de postures distinctes. L’acceptation, voire la promotion de cette diversité a entraîné certains malentendus. L’apparente discontinuité entre Adorno, Habermas et Honneth a souvent été interprétée comme autant de ruptures.

La notion d’École de Francfort émerge progressivement au cours de la décennie 1920. Plusieurs trajectoires intellectuelles convergent sous la pression d’un cadre historique et idéologique commun. Articles détaillés : Marxisme, Communisme, Mouvement ouvrier, Histoire de l’Allemagne et Première Guerre mondiale. Au début des années 1920, le marxisme allemand connaît le paroxysme d’une crise durable, qui se traduit concrètement par une importante émulation conceptuelle :  Le marxisme allemand des années 1920 n’a rien d’un monolithe. Les racines de cette crise sont anciennes. On situe conventionnellement son point de départ trente ans plus tôt, aux alentours de l’année 1895. Le décès de Friedrich Engels remet en cause l’unité philosophique et politique du marxisme.

Son successeur naturel, Karl Kautsky, ne parvient pas à imposer une autorité comparable. Son influence est limitée au Parti social-démocrate d’Allemagne. C’est également au cours de l’année 1895 que Eduard Bernstein commence à se détacher du Marxisme orthodoxe qu’il a lui-même contribué à créer. Mais exilé depuis 1889 en Angleterre, Bernstein est sensible aux évolutions récentes du système capitaliste et de la classe ouvrière dans ce pays.

Bernstein remet alors en cause l’optique révolutionnaire du mouvement ouvrier. Les déductions du Capital ne sont valides que pour la période 1850-1880. Il n’est plus possible, dès lors, de prétendre que la révolution est imminente. Néanmoins, il ne parvient pas à convaincre le SPD. C’est qu’il remet en cause toute la stratégie électorale du parti, qui a su s’imposer auprès de la classe ouvrière en affirmant l’imminence d’une révolution sociale.