Images-souvenirs de nos villages : Imagerie populaire d’Alsace PDF

Jean-Jacques Waltz est le benjamin images-souvenirs de nos villages : Imagerie populaire d’Alsace PDF’une famille de quatre enfants, né du mariage de Jacques André Waltz et de Rosalie Clémence Dunan. Après avoir été tout d’abord boucher comme son propre père, le père de Jean-Jacques Waltz devient bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Colmar en 1881 et en 1891 conservateur du musée Unterlinden.


L’imagerie populaire tient une place importante dans les traditions alsaciennes et d’abord les images-souvenirs, dont la naïveté et la fraîcheur font le charme. Jean-Louis Ernewein présente ici un large éventail d’images, toutes inédites, souhaits de baptême, souvenirs de régiment ou textes mortuaires, témoins des joies, des fiertés et des peines de nos ancêtres, et qui ont ainsi,  » du berceau à la tombe « , rythmé leur existence.

Au lycée, sa cible favorite sont ses professeurs dont certains viennent parfois de régions d’Allemagne très éloignées de l’Alsace pour y enseigner le français. Son père le retire de ce lycée en 1894, et l’envoie à Lyon suivre les cours de dessin industriel de la Société d’enseignement professionnel du Rhône, il suit aussi les cours de peinture et d’arts décoratifs, toujours à Lyon. 1896, il doit rentrer à Colmar. Après son séjour à Lyon, il retourne en Alsace où il devient célèbre comme dessinateur de cartes postales, dont certaines sont distribuées par l’Association des hôteliers et restaurateurs des Hautes-Vosges. Il est bien connu pour sa grande taille, sa lavallière et son chapeau de feutre, signes distinctifs des artistes à cette époque. Grâce à ce succès, Jean-Jacques Waltz peut imprimer en 1907 un recueil d’aquarelles intitulé Tours et Portes d’Alsace. Ce livre qui n’est pas vraiment engagé est néanmoins préfacé par Joseph Fleurent, avocat colmarien qui défend la seule culture française pour les Alsaciens.

En 1908, parait chez Bader le livre Der Professor Knatschke qui avait auparavant été publié sous la forme de feuilleton dans le journal de Mulhouse l’Express. Bien que Hansi ne s’implique pas dans la politique, il se trouve mêlé à l’affaire Gneisse. Hansi publie une caricature de Gneisse qui porte plainte et Hansi est condamné à cinq cents marks d’amende et l’éditeur du journal l’abbé Wetterlé à deux mois de prison. Dans son numéro de Noël 1911, la revue L’Illustration publie des aquarelles de Hansi présentées par Maurice Barrès. Dans le livre, Professor Knatschke, Hansi avait identifié le ridicule professeur avec son ancien proviseur du Gymnasium de Colmar, nommé Gustav Gneisse. L’affaire a des conséquences, puisque Gustav Gneisse, devenu le symbole du pangermanisme et de la sottise, est expulsé d’Alsace après 1918 et le retour des Français. En mai 1913 Hansi est condamné à neuf cents marks d’amende pour avoir insulté, dans son Histoire d’Alsace, la collectivité des Allemands venue en Alsace après 1870.

Henri Zislin, dessinateur et tout aussi patriote, effectue plusieurs séjours en prison pour attaque contre l’Empire. Hansi, alors officier interprète dans l’armée française, à la  Une  du quotidien La Guerre Mondiale du 23 décembre 1915. Hansi s’engage au 152e régiment d’infanterie en tant que caporal. Il réalisera une affiche pour l’emprunt de guerre de 1917, où il met en scène une ville alsacienne.

Après la victoire des Alliés, il publie deux livres en 1918 : Le Paradis tricolore et en 1919 L’Alsace heureuse. Dans ce dernier livre, il raconte ses démêles avec des juges allemands, son évasion, sa guerre, l’entrée des troupes françaises en Alsace et le départ des émigrés. En 1920, il est fait officier de la Légion d’honneur par le président Millerand. Après la signature de la paix, quelle déception pour les Alsaciens, quel soulagement pour les Allemands, quand l’Alsace a vu des Allemands revenir en foule ! La France, avec une mentalité de vaincu, appliquait pleinement, plus que pleinement, l’article du Traité qui confère la nationalité française à tout Allemand ayant épousé une Alsacienne ou une Lorraine.

Dans l’après-guerre, non seulement la popularité de Hansi décroît, mais l’incompréhension s’installe également. Si les Alsaciens ont accueilli l’armée française avec joie, ils ne veulent toutefois pas perdre une identité durement préservée pendant la période allemande. Hansi se trouve dans un situation paradoxale : il n’approuve pas l’autonomisme, dans lequel il ne voit que la main de l’Allemagne. Pourtant Hansi ne délaisse pas son adversaire préféré, le pangermanisme. Deux jours après la déclaration de guerre de 1939, Hansi se rend très rapidement en Bourgogne, puis à Agen où les services de la préfecture du Haut-Rhin ont été évacués. La fin de sa vie n’en fut pas moins bien triste.

Hansi a pris un parti clair, en faveur de la France. Cela lui a attiré des inimitiés de la part des autonomistes, des compatriotes favorables à l’Allemagne et des Allemands. Ceux-ci lui ont reproché ses outrances, comme ses caricatures où il dessinait les Allemands expulsés brutalement d’Alsace. Il les dessinait dans tous les cas emportant une pendule. Les albums de Hansi, abondamment vendus vers les années 1910, où les villages alsaciens disparaissaient sous les drapeaux tricolores, ont fait croire trop facilement à l’opinion française que le retour à la France ne poserait aucun problème et ont contribué à cacher l’ampleur de la crise autonomiste après 1924. Mais c’est faire bon compte du talent d’Hansi. De nos jours, de nombreux ouvrages sont republiés in extenso, sans avertissement, sans contextualisation, par les éditeurs.

Certains passages, certains dessins peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes. Il s’agit notamment de l’ouvrage Le Paradis Tricolore, qui contient la mention de boche à dix-huit reprises. Hansi est sans aucun doute un artiste germanophobe, qu’il faut toutefois replacer dans le contexte de l’histoire d’Alsace et du comportement des Allemands. Aujourd’hui, si un livre comme Mon village garde un certain charme, seuls quelques amateurs lisent encore les albums anti-allemands comme Le Professeur Knatschke. Hansi se moque des pédagogues allemands qui prétendent mieux parler le français que les Alsaciens. 28, qu’il faut prononcer la maison :  la mäsong  et le matin :  lö matäng , les Alsaciens prononcent tout autrement. 1929 : L’Alsace – Guide Arthaud, Ed.

1929 : Les Clochers dans les vignes – Librairie H. Le talent de Hansi est indiscutable, d’imagiste, de paysagiste et surtout de satiriste. Pierre-Marie Tyl, Le Grand Livre de l’oncle Hansi. Petites villes et villages de l’Alsace déjà délivrée. Un peu de texte et beaucoup d’images pour les petits enfants alliées, Paris, H. Le grand patriote Marie-Joseph Bopp s’indigne d’une caricature aussi injuste et aussi partiale Dans Ma ville à l’heure nazie, éditée par La Nuée bleue en 2004, il écrit à la page 310 :  C’est un homme droit, généreux, intègre qui n’a nullement mérité cette charge outrancière et agressive de la caricature qui l’a tourné en dérision.