Histoire du néoconservatisme aux États-Unis PDF

William Kristol et fondateur du think-tank  néo-conservateur  Histoire du néoconservatisme aux États-Unis PDF for the New American Century. Un autre idéologue de ce mouvement était Norman Podhoretz, éditeur au magazine Commentary de 1960 à 1995. Les journaux néo-conservateurs prééminents sont Commentary et The Weekly Standard. La presse américaine désigne souvent les néo-conservateurs par le diminutif de  neocons .


Le néoconservatisme explique-t-il à lui seul la guerre en Irak et doit-il s’y résumer ? Certainement pas. Voici l’ouvrage qu’il faut lire pour comprendre un pan essentiel de la vie politique américaine depuis des années. Après plus de sept ans de recherches en profondeur, Justin Vaïsse propose le premier exposé historique d’ensemble du néoconservatisme à expliquer clairement ses origines et sa diversité depuis les années 1960. Écrit par un expert du système politique américain, il apporte un éclairage essentiel
sur la présidence de George W. Bush et fait comprendre par quel cheminement des intellectuels au départ plutôt hostiles à l’intervention de l’État en sont venus à prôner cette formidable opération de volontarisme étatique que fut la guerre d’Irak.
Avec son échec, sont-ils appelés à disparaître ? Rien n’est moins sûr. Raison de plus pour les connaître mieux.

Justin Vaïsse est directeur de recherche à la Brookings Institution de Washington. Agrégé et docteur en histoire, spécialiste de la vie politique américaine, il a enseigné à l’IEP
de Paris et enseigne actuellement à l’Université Johns-Hopkins.
Il a notamment publié L’Empire du milieu. Les États-Unis et le monde depuis la fin de la guerre froide (avec P. Melandri), Washington et le monde. Dilemmes d’une superpuissance (avec P. Hassner), et La Présidence impériale. De Franklin Roosevelt à George W. Bush (avec D. Lacorne).

Très rapidement, les médias ont essayé de rechercher les origines des neoconservatives. Dans les années 1960, de jeunes intellectuels américains se rapprochent progressivement de la droite, alors représentée par la National Review. Ses adeptes sont parfois d’anciens démocrates, voire, parfois, d’anciens trotskistes, déçus par l’évolution culturelle et intellectuelle depuis les années 1960. Le mouvement se développe autour des revues comme The Public Interest, The National Interest, Commentary. Parmi ces intellectuels, on trouve des essayistes, comme Nathan Glazer, Daniel Patrick Moynihan, Martin Seymour Lipset, Daniel Bell, Michael Novak, James Q.

Aux origine du mouvement, on trouve des intellectuels new yorkais, auxquels se joignent des universitaires et des activistes politiques démocrates de Washington, qui se considèrent comme les gardiens du  centre vital  théorisé au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale par l’historien Arthur Schlesinger. Les néoconservateurs contestent la légitimité de l’ONU, défendent l’État d’Israël et se rapprochent du camp républicain, attirés par la personnalité et certaines idées de Reagan, lui-même ancien membre du Committee on the Present Danger, et qui manifeste alors des sentiments d’hostilité radicale à l’ empire du Mal  soviétique. Un grand nombre de néoconservateurs adhèrent alors au parti républicain, même si certains, comme Richard Perle ou Madeleine Albright, restent membres du parti démocrate. Mais cette décision bénéficie du soutien de l’ensemble du mouvement conservateur américain y compris de paléo-conservateurs et n’est pas la marque du seul courant néo-conservateur. Après la présidence Reagan, les néoconservateurs connaissent une traversée du désert. Partisan d’une politique internationale  réaliste , George Bush père les tient à l’écart, notamment lorsqu’ils l’incitent à renverser Saddam Hussein dès la première guerre d’Irak.

En 1996, William Kristol et Robert Kagan publient dans la revue Foreign Affairs un essai intitulé  Vers une politique étrangère néoreaganienne , où ils affirment que  les buts moraux et les intérêts nationaux fondamentaux de l’Amérique sont presque toujours en harmonie . C’est avec l’élection de George W. 2003, un article de The New Republic parlait de George W. La politique étrangère néo-conservatrice de George W. Bush fut en effet marquée par la conjonction entre des racines idéalistes, une méfiance profonde à l’égard des institutions internationales et l’idée que la force est in fine un moyen légitime et efficace de parvenir à ses fins. Cette période coïncide avec l’apparition dans d’autres pays que les États-Unis d’intellectuels et de revues affichant une proximité idéologique revendiquée avec le néo-conservatisme américain.

Dans un ouvrage paru fin 2003, An End to Evil, Richard Perle et David Frum reconnaissaient déjà que le programme des néoconservateurs avait perdu de son élan. La détérioration de la situation en Irak a accéléré le mouvement. Beaucoup de néoconservateurs quittèrent l’administration Bush avant la fin de son deuxième mandat. Durant la primaire, les néoconservateurs ont gravité essentiellement autour de Marco Rubio et Jeb Bush.

D’après Hadrien Desuin, des néoconservateurs ont soutenu Hillary Clinton réputée plus proche de leurs idées. En 2018, l’arrivée de John R. Bolton comme conseiller à la sécurité nationale du président Trump symbolise pour certains le retour des faucons néo-conservateurs au pouvoir. Bush, qui avait décidé l’invasion de l’Irak, retrouve par ailleurs une forte popularité alors que la population partage des sentiments très pro-Israël, plaidant pour une ligne dure vis-à-vis de l’Iran.