Entretiens de Francis Ponge avec Philippe Sollers PDF

En 1900, la famille Ponge s’installe en Avignon où naît Hélène, la sœur de Francis, le 27 septembre. Pendant neuf ans, les Ponge entretiens de Francis Ponge avec Philippe Sollers PDF une vie bourgeoise au sein de la bonne société protestante d’Avignon : parcs, villégiatures à la montagne, gouvernantes et précepteurs.


En 1908, il entre au lycée Frédéric-Mistral. En 1909, Armand Ponge est muté à Caen. Il est un élève brillant, mais dissipé. Les vacances sont partagées entre les plages normandes et le midi. En 1914, l’approche de la guerre interrompt ses vacances d’été en Thuringe.

Il travaille dans un hôpital militaire caennais à la fin de l’été. Il suit à Paris une manifestation organisée par Maurice Barrès. En 1915, il obtient la meilleure note de l’académie en philosophie pour une dissertation sur L’art de penser par soi-même. Il décide de s’engager dans l’armée après la mort d’un cousin au front, mais une crise d’appendicite aiguë l’en empêche. En 1918, il est reçu au baccalauréat de droit, admissible en licence de philosophie, mais reste muet à l’oral, il est recalé. Il est mobilisé dans l’infanterie à Falaise, puis au G.

Démobilisé, il se brouille avec sa famille. En 1920, il mène une vie de bohème entre Caen et Paris. En 1921, il rédige Esquisse d’une parabole, apologue socialiste qui sera publié dans le Mouton blanc, revue dirigée par J. En 1922, il séjourne à Caen où il se réconcilie avec sa famille et connait une intimité intellectuelle avec son père. Il est inhumé au cimetière protestant de Nîmes. Ponge souligne les difficultés qu’il éprouve à exprimer sa douleur après le décès de son père en 1923. Seconde Guerre mondiale, par la priorité qu’il accorde à ses activités de résistant.

Le Parti pris des choses tente de rendre compte des objets de la manière la plus précise et la plus rigoureuse possible, cherchant en particulier à exprimer leurs qualités caractéristiques. Ainsi Ponge écrit-il en ouverture du Cageot :  À mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot . Il en découle que chaque objet commande sa propre rhétorique, et jusqu’à la forme même du « poème » destiné à rendre compte de ses qualités. Ponge résume cette recherche par une équation frappante :  En somme voici le point important : PARTI PRIS DES CHOSES égale COMPTE TENU DES MOTS. Ponge entend au contraire faire parler les choses :  le monde muet est notre seule patrie  déclare-il.

Il choisit délibérément des objets finis, modestes, circonscrits,  rien qui flatte ce masochisme humain, rien de désespérant . Tout autant que peut l’être pour un peintre de s’occuper des couleurs et des formes. Par ailleurs, c’est seulement à partir des propriétés particulières de la matière verbale que peuvent être exprimées certaines choses – ou plutôt les choses. Maldiney, un autre phénoménologue, écrit Le legs des choses dans l’œuvre de Francis Ponge et Derrida lui consacre l’objet d’un entretien. Néanmoins, Ponge se méfie des philosophes de l’abstraction conceptuelle. Ainsi, au moment de la publication du Parti pris des choses, Ponge a-t-il nettement infléchi le sens de son travail, et choisi des orientations qui, si elles ne constituent pas, tant s’en faut, un reniement de ses œuvres de jeunesse, les relèguent cependant au statut de travaux préparatoires. L’extrême originalité de Ponge trouve cependant à s’expliciter en 1965, dans un essai magistral sur François de Malherbe.

Pourtant, l’étude approfondie de Ponge le conduit à reconnaître une proche parenté entre ses préoccupations les plus récentes et les impératifs de Malherbe. Il loue les grands, et il s’arrange, ce faisant, pour se louer lui-même et la poésie, pour faire triompher la langue et l’esprit . Ponge insiste ainsi, en prenant appui sur Malherbe, sur ses propres recherches qu’il ressaisit globalement dans une réflexion sur le rôle et la fonction du poète. On mesure alors la portée littéraire de l’œuvre de Francis Ponge, qui tend à opérer un retournement complet par rapport à une conception romantique de la poésie, illustrée notamment par Lamartine et Alfred de Musset. Le jour où l’on voudra bien admettre comme sincère et vraie la déclaration que je fais à tout bout de champ que je ne me veux pas poète, que j’utilise le magma poétique mais pour m’en débarrasser, que je tends plutôt à la conviction qu’aux charmes, qu’il s’agit pour moi d’aboutir à des formules claires, et impersonnelles, on me fera bien plaisir, on s’épargnera bien des discussions oiseuses à mon sujet. L’exactitude et la rigueur de l’expression, que Ponge saluait en Malherbe comme des vertus cardinales, l’amènent également à révérer La Fontaine, qu’il se choisit pour modèle. Par ce renversement radical du rôle et de la fonction du poète, Francis Ponge exerce une influence considérable sur la poésie française contemporaine.

Ce concept est illustré dans la Rage de l’expression, la parole est comme une « obsession », les répétitions et les variantes se lisent comme la preuve du mouvement perpétuel, d’éternel recommencement tendant à l’infini de l’écriture, montrant ainsi que la création a pour corollaire indispensable le non-achèvement. En même temps, il y a une certaine jouissance de la parole et de l’écriture dans ce système de la répétition. Le matériau poétique apparaît donc comme  objet de jouissance  pour le poète lui-même en train d’écrire. Le Parti pris des choses, 1942. Le lézard, eaux-fortes de Jean Signovert, Éditions Jeanne Bucher, 1953. Comment une figue de parole et pourquoi, 1977.

Gallimard,  Les Cahiers de la NRF , Paris. Pour une liste exhaustive voir la collection  Bibliographie des écrivains français   Francis Ponge , éd. Memini, Paris-Rome, 1999 établi par Bernard Beugnot, Jacinthe Martel et Bernard Veck. Jean-Marie Gleize, Francis Ponge, Larousse, 1981.

Christian Jacomino,  À propos de Francis Ponge , dans La Nouvelle Revue Française, no 407, 1er décembre 1986. Jean-Marie Gleize, Francis Ponge, éditions du Seuil, coll. Serge Martin, Francis Ponge, Bertrand-Lacoste, collection « Références », 1994. Les Nouveaux courants poétiques en France et en Grèce, 1970-1990, Pau : Centre de Recherches sur la poésie contemporaine, Publications de l’Université de Pau, 1995. Serge Martin, article  Francis Ponge  avec analyse du Parti pris des choses dans Le Robert des grands écrivains de langue française, 2000. La Polygraphe no 30-31, Chambéry : Comp’Act, 2003.

Vers Malherbe et Ponge, Caen : Éditions pour le bicentenaire du Lycée Malherbe de Caen, 2004. Jacques Derrida, Déplier Ponge : Entretien de Jacques Derrida avec Gérard Farasse, Presses Universitaires du Septentrion, 2005. Petit dictionnaire des écrivains du Gard, Nîmes, Alcide, 2009, 255 p. Alain Milon, La Fêlure du cri : violence et écriture, Paris, Les Belles Lettres, col.