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La concupiscence est parfois confondue encyclopédie de Revitalisation naturelle PDF la seule libido freudienne, c’est-à-dire la forme primitive du désir sexuel. Le terme de concupiscence est la traduction française du terme latin concupiscentia.


D’autres dérivés de ce verbe sont par exemple le nom Cupidon, dieu latin de l’amour fou et du désir, ou encore le mot  cupidité . Le terme de concupiscentia n’a pas été  inventé  avec le christianisme. Avant d’être une notion importante du christianisme, par les réflexions de saint Augustin, le terme appartient au vocabulaire des païens qui en font l’équivalent de ce que notre langue appelle la convoitise. Si le terme de concupiscentia est important pour le christianisme c’est qu’il s’agit d’un des termes centraux pour l’étude des écrits de saint Paul. Dès ses premiers écrits, les problématiques du désir, de la convoitise et de la tentation sont traitées par saint Paul. En effet, ayant vécu à la confluence du monde juif et du monde païen, l’apôtre eut très jeune la connaissance des textes qui y référaient chez les Anciens. Si, à proprement parler, Paul n’utilisa pas le terme de concupiscence, puisque ce terme est d’origine latine et que l’apôtre écrivait en grec il reste pour la postérité celui qui fut à l’origine de sa thématique.

C’est par deux de ses épîtres que Paul introduisit la thématique de la concupiscence : l’épître aux Galates et l’épître aux Romains. Dans l’épître aux Galates, rédigée dans les années 54-56, Paul exhorte à se laisser mener par l’Esprit pour ne pas se laisser guider par la convoitise charnelle. Elle apparaît ici comme ce qui réside dans la chair de l’homme et contre laquelle il faut agir en suivant cet impératif moral :  Laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire l’oisiveté charnelle. Dieu et accessible au seul Esprit.

Ainsi s’assied le thème de la force qui pousse à commettre le mal malgré l’amour de Dieu et qui se trouve dans la chair. C’est à la lecture de ce passage des écrits de Paul que l’Église catholique romaine a toujours considéré la concupiscence comme un effet du péché originel subsistant après le baptême. L’influence des épîtres de saint Paul sur le texte que la tradition retient sous le nom de première épître de Jean n’a pas été démontrée formellement. Cependant, la première épître de Jean a été écrite postèrieurement aux épîtres de saint Paul, et il existe une communauté d’esprit entre les deux œuvres.

Là où précisément l’épître de Jean se démarque des épîtres pauliniennes, c’est que sont distingués trois types de convoitises : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Concupiscentia carnis et concupiscentia oculorum est et superbia vitæ quae non est ex Patre sed ex mundo est. C’est d’abord aux premiers auteurs chrétiens que l’on doit la diffusion du concept de concupiscence. La thématique de la concupiscence fut d’abord usée à des fins pratiques, par souci de prolongation de l’entreprise paulinienne. Il importe de noter, comme le fait Robert Louis Wilken, qu’en tant que premier écrivain chrétien d’expression latine, Tertullien fut un acteur important de la mise en place du vocabulaire et de la pensée chrétienne où s’affirme le caractère primordial de la concupiscence. Statue de saint Augustin dans l’église saint Augustin de Paris. C’est avec un des Pères de l’Église, à savoir saint Augustin, que toute la force de la concupiscence en théologie et philosophie se développa.