D’Yeu que c’est bon ! : Le tour de l’île en 45 histoires et 45 recettes PDF

Un lutin au chapeau rouge typique, réalisation par Godo, octobre 2011, technique mixte crayon et tablette graphique. Europe de l’Ouest, le mot  lutin  d’Yeu que c’est bon ! : Le tour de l’île en 45 histoires et 45 recettes PDF spécifique aux langues romanes, et surtout à la France.


Le tour de l’île d’Yeu en 45 histoires et 45 recettes : voilà un livre qui vous fait prendre le large. Loin des courants, vivez un voyage au centre de la gourmandise. Croisez des portraits d’hommes et de femmes. Nourrissez-vous de produits iodés, d’anecdotes piquantes, voire salées, de souvenirs emportés par les vagues. Au fil des historiettes, apprenez comment différencier un homard demoiselle d’un homard mâle, comment cuisiner des patagos, cueillir des détournes. Découvrez l’héroïsme discret des saumons sauvages ou les mœurs nonchalantes des tourteaux. Entre contemplation amusée et joie de vivre, vous convierez l’île d’Yeu à votre table, foi d’hédoniste! Un livre à emporter sur une île déserte. A embarquer d’urgence.

Des centaines de petites créatures aux noms différents peuvent être désignées comme des  lutins , désormais un terme générique pour le petit peuple masculin en France. La Grande Encyclopédie des lutins de Pierre Dubois marque les débuts d’un regain d’intérêt et d’une abondante production littéraire et artistique à leur sujet. Selon la théorie la plus répandue, le dieu Neptune est à l’origine étymologique du lutin. Neptunus et luiton avaient une origine et un sens différents avant de se rejoindre dans le mot  lutin . Le premier serait un génie domestique, le second un démon aquatique issu de Nuada ou d’un autre dieu pan-indo-européen. Nains, gnomes et lutins, très proches dans leur descriptions et leurs rôles, sont fréquemment confondus.

Claude Lecouteux regrette l’absence d’une définition du champ sémantique des lutins, ce qui provoque de très nombreuses idées fausses à leur sujet, et une perte dans la compréhension des traditions et des mythes qui leur sont liés. Les lutins sont influencés par le christianisme, et par un amalgame avec les croyances liées aux revenants. Les anciennes croyances celtiques, gallo-romaines et latines comptent un abondant panthéon de  grandes  divinités, telles Zeus, Lug ou encore Neptune, et de  petites  divinités, qui gèrent les rapports entre l’homme, son foyer, les forces surnaturelles et la nature. L’évangélisation progressive des populations provoque de grands bouleversements dans le panthéon, les autorités chrétiennes interdisant d’abord le culte des  grandes  divinités païennes, tandis que des églises et des chapelles sont bâties sur l’emplacement des temples païens. Cet amalgame avec les croyances mortuaires pourrait être dû au christianisme et à l’interdiction du culte des dieux païens : il est plus simple à un lutin de petite taille clandestinement vénéré de se cacher dans quelque lieu souterrain.

Claude Lecouteux remarque que sous le terme de vieux haut-allemand scrat, correspondant au nain crieur, sont assimilées des créatures que d’autres textes peuvent associer au lutin, telles que Faunus, Sylvanus, et les satyres. En 1891, l’Allemand Karl Grün écrit que les lutins se rapprochent des elfes et des lémures, mais aussi des kobolds et des lares, et que dans ce dernier cas, ils prennent le nom de  follets  ou de  farfadets . Des tomtes, équivalent scandinave du lutin, vus par John Bauer en 1909. C’est là que hante le lutin.

Apparence classique du lutin : petite taille, poulaines et bonnet pointu. Les lutins, tout comme les nains, sont presque toujours perçus comme  vieux et petits , mais pas toujours autant que ceux de Tilbury. Des lutins s’occupent du cheval gris d’un paysan, un valet les surprend et révèle leur présence au propriétaire de l’animal. Des récits similaires concernent les Brownies d’Irlande et d’Écosse. Un Brownie des Highlands bat le grain pour des fermiers jusqu’au jour où, croyant ainsi le remercier, ces derniers lui offrent un bonnet et une robe. Claude Lecouteux suppose que la couleur du bonnet offert, le rouge, contraint le lutin à partir. Plusieurs créatures du petit peuple, dont des lutins, sont visibles sur Fairy Feller’s Master-Stroke, une huile sur toile de Richard Dadd réalisée entre 1855 et 1864, conservée à la Tate Gallery de Londres.

Leur asocialité est connue depuis le Moyen Âge puisque Marie de France parle d’un folet capturé par un paysan, et prêt à lui donner tout ce qu’il voudra  s’il ne le montre pas aux gens . La plupart sont furieux lorsque des humains les voient, la pire des situations étant qu’une personne leur adresse la parole, et exige d’eux une réponse. Leurs sortilèges sont particulièrement craints dans les Ardennes. Un récit bien connu parle d’un paysan wallon fauchant son blé pour le rentrer avant l’orage, lorsqu’il voit le nuton de son foyer l’aider en portant un épi à la fois. Le lien du lutin avec la nature se traduit par sa capacité à rendre une terre fertile ou stérile. Ici, un champ de blé en Seine-et-Marne. Il le maudit en disant  La Grünalm sera dépourvue d’eau et d’herbe, et d’eau encore plus !

Ils utilisent leurs pouvoirs au bénéfice des gens vertueux, comme dans ce conte picard d’Acheux collecté par Henry Carnoy, où un bossu aide une bande de lutins à connaître le dernier jour de la semaine, lesquels lui ôtent sa bosse pour le remercier. La capacité à se métamorphoser et à changer de taille est l’une des particularités les plus typiques des lutins dans les récits à leur sujet. Cependant, il est probable qu’à des époques plus lointaines, en cas de menace, les lutins peuvent grandir instantanément et flanquer une correction à leur agresseur. Tout comme les fées, certains lutins enlèvent, dit-on, des bébés humains au berceau et les remplacent par l’un des leurs, le changeling. Pour se protéger des enlèvements, plusieurs méthodes sont citées, l’une d’elles étant de coiffer l’enfant d’un bonnet rouge, qui traditionnellement était réservé aux bébés morts-nés.