Contraception, contrainte ou liberté ? : [actes du colloque organisé au Collège de France, 9 et 10 octobre 1998] PDF

Directrice d’étude à l’EHESS, elle a aussi succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France, inaugurant contraception, contrainte ou liberté ? : [actes du colloque organisé au Collège de France, 9 et 10 octobre 1998] PDF chaire d’ étude comparée des sociétés africaines . Portrait de Françoise Héritier en 1984 par sa fille Katie Héritier. Elle étudie à Paris, au lycée Racine puis en hypokhâgne au lycée Fénelon. Dans la continuité du principal théoricien du structuralisme, Françoise Héritier approfondit la Théorie de l’Alliance et celle de la Prohibition de l’inceste, établies communément sur la notion de circulation des femmes.


Elle meurt le jour de son anniversaire, le 15 novembre 2017 à l’âge de 84 ans à Paris à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Françoise Héritier constate que la distinction entre féminin et masculin est universelle et que  partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin. Partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, elle observe qu’un présupposé fondamental manque à sa théorie de l’alliance : pourquoi les hommes se sentaient-ils le droit d’utiliser les femmes comme monnaie d’échange ? Elle écrit ainsi :  Cette forme de contrat entre hommes, l’expérience ethnologique nous la montre partout à l’œuvre. Sous toutes les latitudes, dans des groupes très différents les uns des autres, nous voyons des hommes qui échangent des femmes, et non l’inverse. Nous ne voyons jamais des femmes qui échangent des hommes, ni non plus des groupes mixtes, hommes et femmes, qui échangent entre eux des hommes et des femmes.

Selon Françoise Héritier, l’observation du monde incluant les différences anatomiques et physiologiques conduit à une classification binaire :  La plus importante des constantes, celle qui parcourt tout le monde animal, dont l’homme fait partie, c’est la différence des sexes. Je crois que la pensée humaine s’est organisée à partir de cette constatation : il existe de l’identique et du différent. Elle constate que dans toutes les langues, ces catégories binaires sont rattachées au masculin ou au féminin. Par exemple, le chaud et le sec sont rattachés au masculin dans la pensée grecque, le froid et l’humide au féminin. Ces catégories sont toujours culturellement hiérarchisées :  L’observation ethnologique nous montre que le positif est toujours du côté du masculin, et le négatif du côté du féminin. Ces catégories de valeurs n’ont donc rien d’essentiellement négatif ou positif : elles sont construites et varient selon l’époque et les régions. Si une valeur est considérée comme positive, elle se trouve rattachée au masculin – et cette même valeur pourrait être, sous une latitude différente ou à une autre époque, être considérée comme négative et alors être rattachée au féminin.

Pour elle,  le privilège exorbitant d’enfanter  a privé les femmes de la maîtrise de leur corps et de leur sexualité. Le prix de ce privilège en a été l’aliénation de leur corps par les hommes. L’alimentation des femmes a toujours été sujette à des interdits. Inde, à des sociétés africaines ou amérindiennes.